‹ Poésies complètesChapitre 53 sur 61 · MARLY · texte numérisé non relu

MARLY

Heureux poêle, ils ont épargné la maison Où se réfugiait dans la belle saison

Sa muse au théâtre arrachée...

Où, jouissant en paix des loisirs campagnards, De son carré donnons à son plant d'épinards

Il flânait, la tête penchée...

Les Barbares, saisis d'un étrange respect,

Ont tous senti leurs cœurs s'attendrir à l'aspect

De l'illustre laboratoire; Ils n'ont rien dégradé, rien laissé d'outrageant, Rien dérobé, pas même une cuiller d'argent...

I n fait unique dans 1 histoire!...

\ oyez donc jusqu où va le pouvoir de l'espril Couvrant à la fois 1 œuvre el l'homme qui l'écril

Ceux par (jui le brasier s'allume, Ces pillards, ces bandits venus je ne sais d'où, Les soldais do Bismark en un mot, de Sardou

Ont respecté même la plume!

Sur ce, touchant chorus des journaux parisiens Qui vantant l'action de messieurs les Prussiens

Font une réclame au poêle...

Moi, n'ayant ni le nom ni le talent qu'il a, Je n'eus pas le bonheur de sauver ma \illa

Dont la ruine fut complète !.. .

Après tout, la ruine avait une raison (Jui t'honore pillée, ô nia chère maison...

C'est que, malgré I obus qui tue, Ferme dans le devoir, le fusil à la main, A nos envahisseurs disputant le terrain

Je t'ai bravement défendue ! . . .

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