MARLY
Heureux poêle, ils ont épargné la maison Où se réfugiait dans la belle saison
Sa muse au théâtre arrachée...
Où, jouissant en paix des loisirs campagnards, De son carré donnons à son plant d'épinards
Il flânait, la tête penchée...
Les Barbares, saisis d'un étrange respect,
Ont tous senti leurs cœurs s'attendrir à l'aspect
De l'illustre laboratoire; Ils n'ont rien dégradé, rien laissé d'outrageant, Rien dérobé, pas même une cuiller d'argent...
I n fait unique dans 1 histoire!...
\ oyez donc jusqu où va le pouvoir de l'espril Couvrant à la fois 1 œuvre el l'homme qui l'écril
Ceux par (jui le brasier s'allume, Ces pillards, ces bandits venus je ne sais d'où, Les soldais do Bismark en un mot, de Sardou
Ont respecté même la plume!
Sur ce, touchant chorus des journaux parisiens Qui vantant l'action de messieurs les Prussiens
Font une réclame au poêle...
Moi, n'ayant ni le nom ni le talent qu'il a, Je n'eus pas le bonheur de sauver ma \illa
Dont la ruine fut complète !.. .
Après tout, la ruine avait une raison (Jui t'honore pillée, ô nia chère maison...
C'est que, malgré I obus qui tue, Ferme dans le devoir, le fusil à la main, A nos envahisseurs disputant le terrain
Je t'ai bravement défendue ! . . .