‹ Poésies complètesChapitre 58 sur 61 · AMOUR · texte numérisé non relu

AMOUR

Quand règne au fond d'un cœur sincère

L'amour, ce sentiment divin,

Exil, maladie ou misère,

Pour l'en arracher tout est vain;

Plus le mur croule et plus le lierre

Fidelle au débris qu'il enserre

S \ colle avec force et le serre

Dans un embrassemenl sans fin ï

Balzac a peint dans un beau livre Cet amour immense et fatal Oui peut obstinément sun i\ re \u\ vaines étreintes du mal, Et, quand on la croit abattue Par ce qui blesse et ce qui tue Replace la chère statue Sur son éternel piédestal!...

— Armand, oubliez-moi! la tombe M'enlr'ouvre ses flancs ténébreux, Le cilice sur moi retombe Et j'ai coupé mes longs cheveux...

Je ne suis plus jeune ni belle.

L air manque à ma poitrine frêle, C'est la mort seule que j'appelle!...

Armand répondit: — Je te veux!...

Oui, je le veux flétrie et paie Et mourante, car mon amour Pour tes grands yeux cerclés d'opale Est pur comme le premier jour,

Car risquant révolte el blasphème.

S'il fallaîl ce défi suprême, Je t'arracherais à Dieu même

Comme la colombe au vautour! —

\in-i. ma France endolorie, Corps saignanf et cœur ulcéré, Etreignanl sur ta chair meurtrie Li -s plis du drapeau déchiré, Je I aime encore davantage, \\<t frénésie, avec rage, Et le lien qui nous engage Par tes malheurs «I i\ îenl sacré ! .

Page 1