‹ Poésies complètesChapitre 107 sur 153 · L'AMOUR · texte numérisé non relu

L'AMOUR

A Lucien Roblot.

Sans doute les instants où, la lèvre à la lèvre Et le cœur sur le cœur, sourit la volupté, Ces instants-là sont courts : leur énervante fièvre Echappe au souvenir comme un songe enchanté.

Il n'en reste pas moins que ces heures sont belles Et douces comme un vin généreux et doré ; Il n'en reste pas moins qu'elles portent en elles Le seul bien que tout âge et tout peuple ait sacré ;

Que les règnes humains, les dieux et la fortune Et l'art, qui se décerne une immortalité, La science, tout roule à la fosse commune Après l'affront subi de la sénilité ;

TESPER

Cependant que l'Amour, souriant dans les larmes, Regarde s'en aller tous ces débris flottants Et, partout et toujours usant des mêmes armes, Demeure seul vainqueur deTespace et du temps.

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