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PENDANT LA CHUTE

A P. de Bouchaud.

Du faîte ambitieux de nos rêves, roulant De vertige en vertige et d'abîme en abîme, Nous ne nous souvenons qu'à peine de la cime Où le sol a manqué sous notre pied tremblant.

Pourtant bien belle était sous sa verte couronne Cette montagne sainte où l'on approchait Dieu, Et qui, d'en bas, déjà semble un nuage bleu De moins en moins distinct du ciel qui l'environne.

Mais un tragique espoir nous prend au moindre choc C'est qu'un écart dernier fasse, sur quelque roc, S.'aplatir comme un fruit notre chair écrasée ;

Et que l'âme, échappée au sang mêlé de fiel (Tel vers son nid l'oiseau dont la cage est brisée), Revoie au mont et trouve à sa place le ciel.

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