MARS
A Jean Psichari.
Mars, jeunesse de l'an fugitif, Mars nous donne Les plus simples, les plus souriantes des fleurs. Ce n'est^ sous leurs manteaux peints de riches couleurs. Ni l'été qui nous rend ce charme, ni l'automne.
Les ciels d'octobre sont des ciels chargés de pleurs ; Juillet courbe le front sous sa lourde couronne... Ainsi, lorsqu'un reflet de gloire l'environne, L'homme n'est déjà plus que ruine et douleurs.
Ah ! pourpre vaine, or faux, 6 mensonge des choses !
Préfère l'anémone et la pensée aux roses,
Si, quand la rose vient, tes beaux jours sont partis.
PENDATÎT LA CHUTE 279
Que plus d'un, réputé sage, le méconnaisse : Science, luxe, honneurs ne valent pas jeunesse. Ni le laurier ne vaut l'humble myosotis.