PLUS TARD
Gomme des cavaliers fiers et vêtus de bleu
Sous des casques d'argent aux crinières de neige,
Défile en ton esprit le martial cortège
Des rêves dont plus d'un devait vivre si peu.
Le siècle inexorable eut bientôt fait un jeu De les rompre de front ou de les prendre au piège, Et ton âme devint la cité qu'on assiège Réduite à l'impuissance en un cercle de feu.
Mais les vainqueurs n'ont pas, dans leur bruyante joie, Pris garde que ton aigle, échappée à leur main. Gît dans un sol fidèle à l'écart du chemin ;
Et qui sait si, plus tard, sur les lambeaux de soie, Sur la hampe d'azur et sur les franges d'or Un soleil d'Austerlitz ne doit pas luire encor.^