‹ Poésies complètesChapitre 119 sur 153 · ACTION · texte numérisé non relu

ACTION

Après les jours conquis et déçus par le rêve,

Si la vie ouvre encore à ton désir charmé

Son jardin, plein de fruits, que tu croyais fermé.

Que sous un dieu plus vrai ton court destin s'achève !

Rejette le poinçon d'ivoire : prends le glaive. Laisse à Marcus la toge, et que ton bras armé Sur ceux dont le dédain t'a jadis alarmé Retombe, et que ton nom jusqu'aux astres s'élève !

Naïf amant d'hier, étonné d'un refus,

Marche en triomphateur, toi qui n'ignores plus

Ce que veut Galatée en fuite sous les saules ;

Ni ce qu'il faut penser du voile et du bandeau, Des rougeurs, du frisson pudique des épaules, Ou du doigt qui s'obstine à garder son anneau.

A JEAN SEGRESTAA 283

A JEAN SEGRESTAA

Sur un exemplaire de la Lampe d^ Argile,

Sur un satin brodé, derrière une vitrine,

Un fidèle de Tart et de l'antiquité

Pieusement a mis cette lampe latine

Où la guirlande alterne avec la figurine,

Décor ancien aux flancs d'un beau vase emprunté.

L'artiste ému n'est pas toujours le plus habile Et le pinceau parfois lui tremble dans la main ; Puis elle n'est d'argent ni d'or, elle est d'argile. Cette lampe déjà ternie, et si fragile Qu'elle devra se fendre et se briser demain.

Il n'empêche qu'avant de tomber en poussière;

Ayant un jour séduit des esprits délicats.

Elle aura reposé sur l'étoffe princière

Et reçu quelque prix, malgré l'humble matière,

D'un honneur que, souvent, or et perles n'ont pas,

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