‹ Poésies complètesChapitre 124 sur 153 · SOUVENIR LOINTAIN · texte numérisé non relu

SOUVENIR LOINTAIN

A François Coppée.

Quand les premiers soleils dorent les Invalides Et que le Luxembourg a ses liias fleuris, Nous aimions à marcher dans le vaste Paris, Mon père et moi, tous deux promeneurs intrépides.

C'était quelque faubourg ou la Seine et les bois, Arcades, boulevards au luxe de féeries, Votre élégant jardin^ anciennes Tuileries, Que, poudreux, au retour nous traversions parfois.

Au pied des marbres nus dont la blancheur éclate, Devant le vieux palais, sous les hauts marronniers. Par groupes on voyait errer les grenadiers Portant le pompon rouge au bicorne en frégate.

Les jeunes officiers passaient d'un air vainqueur Sous l'or des brandebourgs et de la fourragère. Ils souriaient : une âme héroïque et légère Flottait dans leur regard et parlait à mon cœur !

Page 1