‹ Poésies complètesChapitre 13 sur 153 · LES DEUX ARCHERS · texte numérisé non relu

LES DEUX ARCHERS

Aimer d'un grand amour une grande beauté N'est point un culte faux et te garde du blâme Si ton cœur, attendri par cet amour, s'enflamme D'un zèle universel de sainte charité.

La Grâce peut vouloir qu'un ange ait emprunté Pour ton salut les traits d'une angélique Dame, puisque c'est en songeant à ses yeux que ton âme, Affligée ici-bas, songe à l'éternité.

Il est, sans doute, il est un Amour moins austère : Cet archer, dont le pied ne quitte pas la terre, Sous sa pourpre flétrie et son myrte fané,

Propose un but grossier à sa flèche grossière ; Mais le tien, tout en blanc, de laurier couronné, Vise de ses traits d'or sa cible de lumière.

LE JARDIN d'amour 53

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