‹ Poésies complètesChapitre 140 sur 153 · VILLEBOIS-MAREUIL · texte numérisé non relu

VILLEBOIS-MAREUIL

Vous, mon beau colonel à la moustache blonde. Souriant, et le cœur triste jusqu'à la mort, Vous fîtes vos adieux aux vanités du monde, Aux lâchetés du monde où les vaincus ont tort.

Sous le feutre boër, fils de la vieille France, Vous courez par instinct aux lieux oii Ton se bat ; Mais les cinq galons d'or avec le col garance Montrent à ces fermiers d'où leur vient ce soldat.

Et, selon votre vœu de hautaine amertume, « Qu'on me laisse dormir où je serai tombé » , Ils creusent votre fosse où la poudre encor fume, Dans le sol qu'amollit votre sang absorbé.

Vous saviez que le Fils, à la droite du Père, Au jour de Josaphat reconnaîtra les siens. Qu'il n'aura pas besoin des signes de la terre Pour retrouver les os des chevaliers chrétiens.

Nous, ici-bas, veillons sur sa noble mémoire ; Redisons à nos fils cette mort d'un Français, Et ne permettons pas que la menteuse Histoire Se fasse, sous nos yeux, servante du succès.

Yous êtes la fierté posthume des ancêtres, Gentilhomme Angevin, fleur de nos bataillons, Qui nous montrez comment on échappe à nos maîtres Par une route brève et pleine de rayons !

Sans doute, il se sera levé, le chœur céleste. Quand vous avez paru dans le cercle assigné. Accueilli devant tous, d'un sourire et d'un geste. Par le jeune Empereur qui n'aura pas régné...

Par le prince chrétien, dont les dix-sept blessures Et le sang jaillissant de son front transpercé Achètent pour nos fils les victoires futures Et réparent le deuil où nous avons passé.

Gomme vous avez dû tOus les deux vous comprendre ! Comme vous étiez nés pour un même destin, Yous qui n'aviez trouvé que le goût de la cendre Aux terrestres plaisirs comme au savoir humain l

LE GLAIVE ET LA CROLX SSq

J'ai vu de près les grands, les illustres, les sages. Qui, l'œil impérieux et le verbe vainqueur, Ont mené notre siècle à Tassant des vieux âges : J'ai jugé leur esprit aussi faux que leur cœur.

Leur facile vertu, leur gloire mensongère Ne m'ont pas ébloui ; mais je demeure fier D'avoir en vous connu, Yillebois et Dorgère, Le prêtre et le soldat de la France d'hier.

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