‹ Poésies complètesChapitre 147 sur 153 · POETE NORMAND · texte numérisé non relu

POETE NORMAND

D'abord mes yeux aimaient, de votre cher pays,

Les prés se déroulant vers des coteaux bleuis,

Les troupeaux généreux, les pommiers pleins de sève.

Les manoirs, les jardins qui dispensent au rêve

La force pacifique et la calme fierté.

Ce qui plaît maintenant à mon cœur, attristé

Par tant de maux civils et de désespérance,

C'est qu'ici je retrouve un coin de vieille France,

La province fidèle où survivent le mieux

Le courage, la foi, le bon sens des aïeux.

Quand l'Allemand parut, au mur de sa cliaumine

Plus d'an gars décrocha la vieille carabine...

0 routes de Bernay ! vous ne direz pas non ;

Vous ne le nierez pas, charmilles de Yernon I

Promise à de beaux jours dont sa vertu se prive,

Héroïne que font Plutarque et Tite-Live,

Ici vécut Charlotte avec un saint poignard ;

Cette plaine, ces bois pleurèrent son départ...

Page 1