‹ Poésies complètesChapitre 148 sur 153 · EXSUL IN PATRIA · texte numérisé non relu

EXSUL IN PATRIA

A Emile Mariotte.

Ainsi je me plaisais au coteau solitaire,

Au plus secret sentier du vallon recueilli,

Par sagesse et par choix recherchant le mystère ;

J'accordais le pardon et réclamais l'oubli.

Mais, de la ville au loin, la rumeur vient et gronde ;

Il faut, si las pourtant ! que je rentre en un monde

De tout ce qui m'est cher, vide et désembelli.

Le long de vos trottoirs, banales avenues, Tout vestige des jours aimés est eflacé. A travers des plaisirs, des peines inconnues, Sur un sol où le pied du plus fort a glissé,

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Je passe indifférent, et partout me coudoie Ou le vice ou le crime en quête d'une proie ; Et mon âme est absente et revole au passé...

Au passé généreux de gloire et de fortune, Quand la France marchait reine des nations. Avant qu'au gouffre amer de la douleur commune Se perdent nos amours et nos ambitions ! Temps dont les survivants, silencieux et rares, Derniers Romains errant au milieu des Barbares, Retiennent dans leur cœur les nobles visions.

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