‹ Poésies complètesChapitre 19 sur 153 · ARBOR SALUTARIS · texte numérisé non relu

ARBOR SALUTARIS

A Ernest Prarond,

L'arbre de ma douleur, de saison en saison, A poussé vers le ciel un front que rien n'entame ; Le soleil ne peut plus, de ses flèches de flamme, Transpercer l'immobile et noire frondaison.

Dame aux yeux étoiles qui prîtes ma raison. Quand de vos jours la Parque aura filé la trame, Tel qu'un stoïcien que le poison réclame, De cet arbre mortel j'attends ma guérison.

J'irai, je m'étendrai sous l'amoureux ombrage ; Je laisserai la mort, facile à mon courage. Glisser avec lenteur des pieds jusques aux flancs.

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