‹ Poésies complètesChapitre 20 sur 153 · PORTRAIT · texte numérisé non relu

PORTRAIT

A François Coppée.

Aussi bien qu'en hiver, dans les jours de printemps J'aime sa robe noire et son front qui s'incline Sous un bonnet léger de blanche mousseline Aux minces rubans noirs, rejetés et flottants.

Il fait pointe en avant juste à l'étroite ligne Qui sépare en bandeaux les lourds et noirs cheveux, Et, fixé le matin d'un doigt prompt, mais soigneux, Donne à sa jeune tête une grâce plus digne.

Et dès qu'elle sourit ou parle, ses yeux fiers Qu'adoucit et que fait profonds un cercle d'ombre, Transfigurant alors le visage un peu sombre, Sous le rideau des cils brillent larges et clairs.

64 LA LAMPE d'argile

Blanche sous la blancheur de la courte manchette. Sa main fine a le geste impatient parfois ; Une perle dans l'or décore un de ses doigts, Seul joyau que son goût sévère se permette.

Et le noir et le blanc lui font un demi-deuil Que sous le petit col un nœud lilas achève. Et telle je la vois sourire dans mon rêve, Sourire, et remuer le cou comme un bouvreuil.

Page 1