LES RENCONTRES
Vous aviez, sur le seuil, l'air d'une jeune abbesse Grave, selon la Règle, et contrite à dessein. Mais dont l'œil noir si vite ou se lève ou s'abaisse Qu'il dénonce en éclairs les troubles d'un beau sein.
Un sourire glissa dans le coin de vos lèvres Lorsque vos yeux errants rencontrèrent mes yeux... Je venais, je passais, conduit là par les fièvres D'un mal déjà mortel, encor délicieux.
Hélas î vous souvient-il, ô chère puritaine ! De ce coup d'oeil furtif en silence échangé ? Comment s'y trahissaient une entente certaine Et la complicité de l'amour partagé ?
VERS MODERlNfES 78
Notre espérance, pâle et cachant sa blessure. N'avait pas sous ses pieds renversé son flambeau Et revoilé son front avec sa chevelure. Comme un Génie en pleurs sculpté sur un tombeau.
Désormais, quand mes yeux, avides de lumière, Cherchent dans vos beaux yeux réponse à mon tourment, Ils n'y rencontrent plus, sous la lente paupière, Que le terne rayon du découragement.
Car nous savons enfin ce qu'il fallait attendre D'un monde où les meilleurs sont des indifférents, Ce qu'obtient un amour si fidèle et si tendre. Et qui demandait grâce en cris si déchirants !