LE DIADÈME
Aujourd'hui (jour sacré !) debout, en robe noire, Vous m'avez apparu dans toute votre gloire, Gloire de femme aimée et qui n'a pas failli. Un songe visitait votre front recueilli.
y/t LA LAMPE d'argile
Vous étiez immobile, et vos yeux cerclés d'ombre Fixaient dans votre esprit quelque chose de sombre. Ils avaient la lumière et le charme du soir. L'épaisseur du chignon transparaissait en noir Sous le pâle tissu dont la trame légère Se parfume à l'odeur d'une tête si chère. Les bandeaux ondulaient sur la tempe et le front. Tels étaient vos cheveux, qui vous embelliront, Demain et bien des jours, de leurs ondes de moire. Et certes vous aviez sous leur couronne noire Un front plus imposant et plus royal encor Qu'une reine debout sous sa couronne d'or ! Et moi je devins triste ainsi que de coutume ; Tout n'est-il pas amer au cœur pris d'amertume? 0 cheveux que mes doigts jamais ne dénoueront, Diadème de deuil qui ceins son jeune front (Car elle est jeune encore et dans l'âge où l'on aime). J'ai pénétré ton sens, noble et fatal emblème, Signe d'un lourd destin, symbole du fardeau Dont jadis, la voyant petite en son berceau, L'ange de la tristesse et du rêve sublime Commença d'opprimer sa touchante victime !