CHANSON DE « PEER GYNT
Dors paisiblement, mon enfant adoré, Je vais veiller ente berçant.
L'enfant est demeuré sur les genoux de sa mère, Et ensemble ils ont joué la vie entière.
L'enfant a reposé sur le sein de sa mère Toute la vie. Que Dieu te bénisse !
L'enfant a reposé près de mon cœur Toute la vie. Maintenant il est las.
Dors paisiblement, mon enfant adoré ; Je vais veiller en te berçant.
L C UAJ, H <*
Maintenant, le havre-sac endossé,
Le fusil armé à la main,
Le coffre fermé, le verrou poussé
Et la barre de sûreté bien attachée,
Je vais embrasser ma vieille mère
Dans la chambre voisine
Un filial serrement de mains et je dis :
Je reviendrai en aussi bon point
Que tu m'as vu partir,
A présent : adieu !
lu chemin serpentant
Me mène doucement dans le petit bois,
118 POÉSIES COMPLÈTES DTBSEN
Dans le crépuscule nuageux
Derrière moi s'étendent le fjord et la vallée.
Je déambule devant la case de mon voisin,
Et par ma foi, tout est paisible,
Mais derrière la barrière en fleurs
Le frou-frou d'une robe
Bruit doucement dans la nuit.
Elle était là entièrement vêtue de blanc.
Elle me salua.
Charmante et si délicate,
Aussi fraîche qu'une fleur éclose sur la montagne,
Elle souriait
Et pleurait à la fois.
Moi aussi j'étais ému comme elle. Puis d'un bond
Je sautai et l'accompagnai vers la barrière.
Je vis alors à son œil perler une larme.
J'enveloppai sa taille de mon bras,
Cependant que la vierge rougissait et palissait tour à
tour.
Je l'appelai mon épouse Et sa poitrine se souleva avec force,
DANS L'IMMENSITÉ Ht)
Je jurai qu'elle était mienne,
Non peu ou prou, mais totalement,
Définitivement, pour jamais !
Elle regarda attentivement la pointe de son pied ;
Et les fleurs s'effeuillèrent sur son sein,
Car elle rtait vraiment émue.
Elle m'implora si doucement
Que je la laissai libre,
Et l'on se mit à rire comme précédemment.
Mon cœur, vigoureusement, battait,
Mes sens étaient enivrés,
Et à mon tour, je l'implorai
Si doucement qu'elle se tut.
Tous les deux, nous avons fait route ensemble ;
Il me sembla que les collines elles-mêmes chantaient,
Et que les Dieux, les elfes et les nixes
Riaient derrière le feuillage.
Alors le chemin serpentant Nous mena doucement vers le petit bois. Derrière nous, dans le crépuscule nuageux, Etaient le fjord et la vallée.
120 POÉSIES COMPLÈTES o'iBSEN
Elle était si lasse, moi si fervent !
Nous côtoyâmes l'abîme.
Nous murmurâmes des mots
Dans la nuit tiède.
Je ne puis trouver d'explication à cela
Mais j'avais le cerveau en feu.
J'entourai sa taille de mon bras
Et je pris la fdlette sur mes genoux.
Alors je connus ma jeune femme
Tandis que les nixes chantaient dans la nuit,
Les Dieux se réjouirent,
Quand je la possédai.
Je me souviens dans ce trouble
Que rien de surnaturel ne m'effraya,
Je vis seulement qu'elle avait peur,
Qu'elle était délicate et qu'elle tremblait !
Etendu je demeure dans le creux de la montagne Contemplant le soleil.
La vallée est assombrie par les nuées, Tandis que les pics sont illuminés par le soleil. La maison rouge de ma mère, notre maison. De là haut je la vois s'estompant dans le lointain, C'est là que ma mère a travaillé, Qu'elle a lutté contre la vie ; C'est là que mon âme a fleuri dans la liberté, Et Dieu sait si elle s'est plus largement épanouie
depuis.
Ma vieille mère est déjà levée.
Je crois distinguer la fumée qui s'échappe
Du toit de sa maison.
Vers la blanchisserie il me semble
Que c'est ma mère qui marche.
Oui, travaille toujours comme tu l'as fait,
Et Dieu bénira ta journée.
J'irai demander aux rennes de la montagne
Une jolie fourrure pour toi
Et deux ou trois pour ma fiancée.
Où est-elle maintenant, labien-aimée ?
Sûrement elle vit dans le rêve.
Oublie notre dernier rendez-vous
Et rêve, ma bien-aimée, rêve !
'Mais si tu ne rêves plus, abolis ce souvenir,
Gomme je le fais moi-même.
Tu es ma fiancée, sois-en sûre !
Prépare ton trousseau et ta robe de mariée!
Le chemin qui nous conduira à Féglise
Sera vite parcouru.
Il est bien douloureux de se séparer De celle qu'on aime.
Mais la séparation Augmente l'amour.
Maintenant il me semble avoir retrouvé un nouvel
esprit, Et mon sang s'est calmé.
La vie que je laisse derrière moi Est partagée entre le remords et la faute ; C'est pourquoi je la foule de mes pieds.
L'humeur farouche, les mauvais désirs
Ont quitté mon ame.
Je me possède maintenant, mon esprit est calme,
dans l'immensité 123
Et je suis près de Dieu et de moi-même.
Jetons un dernier regard
Sur les fjords et sur les forets !
Puis partons vers la montagne,
Vers la montagne, où vit le renne.
Adieu, ma femme î Adieu, ma mère !
Et maintenant partons pour l'immensité !
Là-bas vers l'ouest les nuages sont ensanglantés,
Les cimes sont enflammées.
Mais sur le vallon flottent
Les dernières nuées.
Mon œil est las, et mon pied fatigué,
Et mon âme lourde de pensées.
Mais près du précipice où je me suis arrêté,
La bruyère ensanglantée
Est agitée par le vent du soir, Et j'ai cueilli une fleur de bruyère Pour lattacher à mon chapeau.
A l'abri d'un maigre arbrisseau,
Non loin de là,
Tièdement j'ai reposé toute la nuit
Mes pensées se succédaient
Gomme les vieilles femmes
Qui se rendent à l'office le dimanche
Gomme elles, elles se sont réunies,
Se sont disputées,
Puis se sont dispersées.
Si seulement j'étais près de toi maintenant,
Toi, la Heur que j'ai cueillie hier!
Gomme le chien fidèle
Je me coucherais sur le pli de ta robe.
Dans ton regard limpide
Je baignerais mon âme.
Le mauvais esprit qui m'incitait hier soir,
Quand je t'ai vue près de la demeure de ton père,
Cet esprit du mal,
Je l'étoufferais maintenant avec horreur.
Je m'élancerais dans l'espace, Et j'irais jusqu'à Dieu
dans l'immensité 125
Lui demander d'ensoleiller ta vie !
Oh ! ma pure fiancée !
Mais non ! je suis trop noble.
Et trop courageux pour adresser cette prière au ciel.
Toi, Seigneur, je te prie,
Je te conjure de m'entendre :
Oh ! fais que sa route soit âpre et difficile !
Que l'eau jaillisse du torrent Sur la voie qu'elle préfère!
Rends étroite et périlleuse la passerelle ! Que les pierres déchirent ses pieds d'enfant, Et rendent plus douloureuse l'ascension de la montagne !
Alors sur mes bras je porterai la bien-aimée Au milieu des aspérités du chemin Et des difficultés de la vie.
Je la serrerai sur mon sein.
Alors, Seigneur, n'essaie pas de l'atteindre, C'est avec moi que tu lutterais !
126 POÉSIES COMPLÈTES D'iBSEN
Il vient de loin, l'étrange chasseur. C'est du sud quil
arrive ; II a traversé des eaux larges,
Et de muettes pensées sont inscrites sur son front, Semblables aux rayons du soleil de minuit.
Les larmes se mêlent à son rire.
Ses lèvres semblent parler alors même qu'il demeure silencieux.
Mais qui est-ce ? Pour moi
La chanson du vent dans la forêt m'est plus facile à
comprendre.
Les oiseaux messagers de tristes nouvelles
Traversent péniblement les eaux,
Et voici que le vent va s'élever.
Alors gardez-vous, gens qui voyagez en bateau,
Nous nous trouvâmes au milieu de la côte, Moi avec mon fusil, lui avec son chien;
dans l'immensité 127
Et nous nous liâmes par un engagement Que j'annulerais volontiers maintenant, si cela était
possible encore.
Pourquoi suis-je resté attaché à lui ?
J'ai voulu le quitter bien souvent pourtant ! Maintenant il me semble qu'il s'est emparé de moi par
la force, Et qu'il m'a dérobé ma volonté.
« Pourquoi certains soirs
« As-tu pleuré en pensant à la chambre de ta mère ?
« Dormais-tu donc mieux sous la laine
« Que là-haut sous la brise de la montagne ? »
A la maison ma vieille mère, le chat et moi Habitions la même chambre, Et le ron-ron du chat me transportait Au pays du rêve.
128 POÉSIES COMPLÈTES D'iBSEN
(( Pourquoi le rêve ?
« Crois-moi, Faction est meilleure !
« 11 est préférable de vivre la vie
« Que de dormir sous les cyprès avec ses ancêtres.
« Sur les cimes bondit le renne.
« Poursuis-le malgré la pluie et le vent.
« Gela vaut mieux que d'arracher la pierre
« Au maigre sol de la vallée. »
Mais j'entends le son des cloches Qui vient de l'église lointaine !
« Qu'importe ! laisse sonner !
« Le bruit de la cascade là-haut résonne plus harmonieusement. )>
Ma vieille mère avec Elle s'en va à l'office, Et toutes deux portent leurs livres enveloppés de drap. « Crois-moi, tu peux là-haut faire œuvre d'homme plus
utilement « Qu'en usant là-bas la pierre du seuil de l'église. »
L'orgue chante dans la nef,
Et vers le chœur brille la flamme des cierges !
dans l'immensité 129
o Mais sur les cimes le vent mugit plus puissamment, « Et sur la neige le soleil luit avec plus de force ! »
Eh bien, viens! Qu'importe le vent et la tempête, Viens donc vers les cimes de la montagne. Ceux qui le désirent peuvent marcher dans la voie qui
mène à l'église, Moi je refuse de les suivre ! Viens donc !
L'automne arrive. J'entends sonner là-bas
La clochette que portent les vaches .
Le troupeau laisse maintenant la libre campagne
Pour regagner Tétable de la servitude.
Bientôt le tapis hivernal
Revêtira de ses blancheurs le versant des précipices, Bientôt toutes les routes seront impraticables, Le moment est venu pour moi de redescendre.
J 30 POÉSIES COMPLÈTES D'jRSEN
Redescendre à la maison :J Mais est-il pour moi une
demeure Si mon âme reste là-haut ?
Lui m'a enseigné l'oubli depuis longtemps Et mon cœur est devenu dur.
Dans la vallée il n'y a pas de place
Pour l'action.
Maintenant mon esprit est fort
Et je ne peux respirer que sur les cimes.
Dans le chalet
Je recueille tout mon butin.
Assis sur un banc près de l'âtre
Je laisse mon âme s'élever librement.
Les esprits veillent pendant la nuit, Et le chasseur habile a toujours l'œil au danger. Lui a couvert mon front du casque magique, Les esprits peuvent me tenter, mais la victoire m'appartiendra.
Sur les cimes sauvages pendant l'hiver
La pensée devient forte comme un acier bien trempé;
En ce temps-là aucun pépiement d'oiseau Ne vient troubler votre recueillement.
Si au printemps mon âme est aussi vigoureuse, J'irai reprendre dans la vallée les deux aimées. Je les arracherai aux trivialités de leurs existences Et je les transporterai dans la grande salle de mon
chalet,
Je leur inculquerai ma nouvelle science, Et les rires vont résonner dans ma demeure. Bientôt la vie des grands glaciers Leur sera familière.
Je suis là depuis trop longtemps,
Et la solitude me pèse.
Le souvenir me fait perdre mes forces,
Il faut que j'aille revivre parmi ceux que j'aime,
132 POÉSIES COMPLÈTES D'iBSEN
Un jour seulement ! Ensuite
De nouveau je quitterai ma mère et ma fiancée,
Et je regagnerai les sommets,
Où, au printemps, nous nous réunirons tous les trois.
Partons donc ! — Comme tombe une neige épaisse ! Trop tard j'ai pris ma résolution, L'hiver règne sur la montagne, Et tous les sentiers sont fermés !
Après quelques semaines je suis redevenu moi-même, Et plus jamais le regret n'est venu m'assaillir. Sous une couche de glace les ruisseaux dorment, La lune brille au firmament, Et les étoiles scintillent.
Je ne puis rester enfermé, Quand la journée se termine.
dans l'immensité 133
Comme ma pensée je ne puis vivre en cage,
Et je cours le long des pics
Jusqu'au précipice devant lequel je m'arrête.
Dans la vallée tout est paisible, Mais le bruit de l'airain résonne.
J'écoute ! Le son est doux et joyeux.
Quel est donc ce bruit ?
J'ai reconnu les cloches !
C'est Noël ! Et ses carillons
Me sont bien connus.
Je vois la lumière de la maison de mon voisin ;
De la chambre de ma mère vient aussi une lumière
Qui me fascine étrangement.
Ici la pauvre maison,
Sous l'esprit de la légende, est devenue un palais.
La montagne dresse silencieusement ses cimes,
Et là-bas ma mère
Et ma fiancée m'appellent.
134 POÉSIES COMPLÈTES DTBSEN
Mais j'entends un rire cruel et sinistre éclater derrière
moi.
C'est l'étrange chasseur Qui devine ma pensée sans parole.
« Il me parait, jeune ami, que vous faites du sentiment ; « Je comprends : la maison familiale ! »
Et de nouveau je sens mes bras se raidir comme l'acier. Je retrouve mes forces et mon courage.
L'air libre rafraîchit ma poitrine, Qui désormais ne s'émotionnera plus A la pensée d'une fête de Noël.
Tout d'un coup une lueur S'étend sur le toit de la demeure maternelle ; D'abord une clarté semblable à un soleil d'hiver Puis la fumée qui enveloppe tout lourdement Et la flamme rouçre se montre soudain.
Le feu s'étend rapidement, les flammes pétillent. Désespéré je pousse des clameurs dans la nuit, Mais le chasseur me console : « Pourquoi cette angoisse ? « Eh quoi ! cette vieille bâtisse, avec la bière de Noël a Et le chat, se consument ! »
Ses paroles étaient si cruellement logiques
Qu'elles me donnaient le frisson.
Il savait décrire de façon heureuse
Les caprices des flammes s'unissantaux rayons lunaires,
Et il célébrait la beauté de cette illumination nocturne.
La main aux yeux, il clignait des paupières
Pour mieux voir,
Mais un chant harmonieux s'élança soudain vers le ciel,
Et je compris alors que l'âme de ma mère
Etait aux mains des Anges.
« Doucement tu traversas l'existence, doucement tu supportas la douleur, « Doucement tu travaillas toute ta vie parmi la foule. « C'est pourquoi nous t'emportons doucement « Par delà la cime de la montagne, vers la lumière et la
paix, « Pour la fête de Noël au ciel. »
Le chasseur étrange s'était évanoui dans l'espace et la
lune s'était voilée.
Alternativement le froid et le chaud m'éprouvaient singulièrement.
130 POÉSIES COMPLÈTES Ij'lIJSEN
Je portais en moi une douleur amère.
Mais pourquoi le nier, cette illumination double dans
la nuit Etait bien belle.
La vesprée d'été baignait dans ses lueurs étincelantes
La montagne à mi-côte,
Les cloches résonnaient gaiement pour un hy menée,
Et tout en bas je distinguais les cavaliers
Qui galopaient sur la grande route.
Du faîte de la grange de mon voisin éclataient des coups
dé mousquet, Des mâts étaient plantés près de la barrière. Le monde affluait, vous pouvez m'en croire ! Mais debout près du précipice je riais nerveusement, Tandis que des larmes de feu brûlaient mes yeux.
Il me semblait entendre des chants railleurs Et des rires cruels résonner.
dans l'immensité 137
Ilmè semblait qu'un chant ironique s'élevait jusqu'à moi. Alors près du précipice j'arrachai avec mes ongles des
fleurs sauvages, Et je mordis ma propre langue.
Maintenant tout ce monde quittait la ferme. La mariée se tenait droite sur sa selle, Sur ses épaules ses cheveux étaient épandus, Ils brillaient en ondes fulgurantes. Oh ! je les connaissais si bien Depuis notre dernière promenade dans le vallon.
Elle traversait à gué la petite rivière, Appuyée sur l'épaule du jeune marié.
Maintenant j'avais tellement souffert que mon cœur était
vide.
Mes forces étaient à bout, Je ne pouvais plus souffrir.
Debout près du précipice je restai. Mon cœur était devenu
d'acier.
Je planais au-dessus de la vallée estivale, Je regardais toute la troupe baignée de lumière,
138 POÉSIES COMPLÈTES D'iBSEN
Et j'avais même la main aux yeux Pour ne rien perdre de la perspective.
Ces mouchoirs agités, ces jupons blancs
Et les manteaux rouges des hommes,
L'église dans un lointain ensoleillé,
La belle épousée, qui hier était encore mienne,
Enfin, le bonheur qui m'échappait,
Tout cela réapparaissait D'en haut des cimes de la vie,
Et maintenant je voyais mieux et plus nettement tout
ce spectacle.
Mais personne ne peut comprendre cette sérénité, Personne de ceux qui vivent parmi la foule !
J'entendis alors un rire cruel et sinistre éclater derrière
moi, C'était l'étrange chasseur.
« Ami, après ce que je viens de voir, « Je comprends qu'avec raison j'ai mis aujourd'hui mon
sac sur mon dos.
« Ici je n'ai rien à faire désormais. Mon rôle est fini. »
daxs l'immensité 139
Evidemment, je suis maintenant assez viril pour n'avoir
besoin de l'aide de personne.
Grand merci de ton secours, Mon pouls ne bat plus, Il me semble que dans ma poitrine Mon cœur s'est pétrifié.
J'ai bu à la coupe suprême.
Je n'ai plus froid dans les neiges alpestres, Ma voile est naufragée, l'arbre de ma vie brisé. Vois donc comme le rouge jupon de la belle Brille d'un bel éclat entre ces bouleaux.
La noce galope en cavalcade.
Voici que tout disparaît sous l'angle de l'église,
Oh î mon meilleur souvenir, que la vie te soit favorable !
Maintenant j'abandonne la poésie suprême
Pour avoir encore une vue plus élevée sur la vie.
Mon être est trempé comme l'acier. Je n'obéis plus qu'à
la voix Qui commande de vivre sur les sommets.
Pour toujours j'ai quitté la vie des plaines.
En haut je suis avec Dieu et la liberté.
Qu'en bas les autres rampent bassement !