POUK LE HOI OSCAR
La voix du peuple implorant la guérison de son roi Soulage toujours, si elle ne guérit pas.
Repose doucement, ô mon Seigneur,
Ton peuple tout entier veille sur toi.
Que le rêve te porte vers la Norvège,
Vers nos montagnes si belles à voir,
Près de chaque petit fjord.
C'est aujourd'hui dimanche
Et,ô mon roi, pieusement et tristement,
Ton peuple entier porte le deuil à cause de ta souifrance.
Là, où doucement la brise agite les feuilles
Au pied des montagnes élevées,
Auprès de la chaumière
Cachée par un rideau d'arbres,
Le vieillard à la barbe blanche
Debout devant sa porte
Arrête les estafettes qui passent
Et demande si le roi souffre encore.
Que le rêve te porte aussi par dessus le fjord !
Qu'il te fasse voir l'enfant norvégien jouant au jardin;
158 POÉSIES COMPLÈTES d'iBSEN
Vois l'étoffe rouge.
Qu'il a disposée au bout de son bâton.
Il a entendu dire aujourd'hui à son père
Que tel est l'oriflamme du roi Oscar.
Alors il a arraché aussitôt le drapeau hissé au toit
Et il joue au roi Oscar.
Vois maintenant ce navire
Qui fend les ondes.
Ton nom y brille comme un miroir.
Salue, mon roi! ton drapeau qui se balance au mât.
Le navire glisse à la surface des eaux
Comme une ondine.
Et que tous ainsi que lui portent éternellement
En l'honneur du roi Oscar les couleurs royales.
O mon roi, mais bien court est le rêve
Que la berceuse populaire a pu un instant te verser !
Ton cœur est toujours serré par la douleur
Qui te cloue à ta couche.
Mais chaque fois qu'un soulagement
Vient diminuer ta souffrance,
C'est à la prière de ton peuple montée vers le ciel
Que tu le dois,