‹ Poésies complètesChapitre 38 sur 52 · L'ASSASSINAT D'ABRAHAM LINCOLN · texte numérisé non relu

L'ASSASSINAT D'ABRAHAM LINCOLN

Un coup de feu a résonné là-bas vers l'ouest, Il a réveillé l'Europe.

Et soudain quelle vie a agité Tout ce corps de fonctionnaires !

Vieille Europe, toi qui possèdes ordre et justice, Une loi spéciale pour chaque objet, Toi qui possèdes une réputation sans tache, Une vertueuse colère contre tout ce qui est sombre et

méchant, Gomme subitement ton visage a pâli !

Dans la cire de deuil on incruste la licorne, l'aigle Et tous les animaux héraldiques.

172 POÉSIES COMPLÈTES D'iBSEN

Le paquebot prend la mer,

Les dépêches se multiplient,

Le roi du coton, le fils orgueilleux

Et tant d'autres de ce pays de mensonge

Tendent les mains pour saisir la palme verte de la paix.

Alors retentit ce coup de revolver

Et un homme seul succombe.

Alors vous tremblez de peur, vous, les puissants de l'Europe !

Cela ne me surprend pas de vous.

Un acte de banditisme prussien, l'affaire de Dybbôl, Le monde a vu cela bien d'autres fois. Les corneilles ne se combattent pas entre elles. Vous vous souvenez bien de la Pologne ? Et de l'Anglais au port de Copenhague ? Et du tombeau de Flensborg ? Et du nom de Sônderborg ? Pourquoi cette indignation alors maintenant ?

Cette rose sanglante qui fleurit là-bas

Et vous effraie dans sa force,

C'est l'Europe qui en a fourni la greffe

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