‹ Poésies complètesChapitre 13 sur 81 · COMPLAINTE DES PIANOS · texte numérisé non relu

COMPLAINTE DES PIANOS

qu'on entend dans les quartiers aisés

Menez l'âme que les Lettres ont bien nourrie. Les pianos, les pianos, dans les quartiers aisés ! Premiers soirs, sans pardessus, chaste flânerie. Aux complaintes des nerfs incompris ou brisés.

Ces enfants, à quoi rêvent-elles, Dans les ennuis des ritournelles?

— « Préaux des soirs, Christs des dortoirs !

« Tu t'en vas et tu nous laisses.

Tu nous laiss's et tu t'en vas, Défaire et refaire ses tresses.

Broder d'éternels canevas. »

Jolie ou vague ? triste ou sage? encore pure"? 0 jours, tout m"est égal? ou. monde, moi je veux? Et si vierge, du moins, de la bonne blessure, Sachant «juels gras couchants ont les plus blancs aveux

Mon Dieu, à quoi donc rèvent-elles?

A des Roland, à des dentelles ?

— a Cœurs en prison, Lentes saisons !

« Tu fen vas et tu nous quittes.

Tu nous quitfs et tu t'en vas !

Couvents Lrns. chœurs de Sulamites.

Sur nos seins nuls croisons nos bras. »

Fatales clés de l'être un beau jour apparues : Psitt ! aux hérédité- en ponctuels ferments, Dans le bal incessant de nos étrange- ru - : Ah ! pensionnats, théâtres, journaux, roman- !

Allez, stériles ritournelles,

La vie est vraie et criminelle.

— « Rideaux Peut-on entrer ?

« Tu t'en vas et tu nous laisses, Tu nous laiss's et tu t'en vas.

La source des frais rosiers baisse.

Vraiment ! Et lui qui ne vient pas... »

Il viendra ! Vous serez les pauvres cœurs en faute. Fiancés au remords comme aux essais sans fond, Et les suffisants cœurs cossus, n'ayant d'autre hôte Qu'un train-train pavoisé d'estime et de chiffons.

Mourir? peut-être brodent-elles, Pour un oncle à dot, des bretelles ?

— « Jamais ! Jamais !

Si tu savais !

« Tu t'en vas et tu nous quittes, Tu nous quitt's et tu t'en vas, Mais tu nous reviendras bien vite Guérir mon beau mal. n'est-ce pas? »

Et c'est vrai ! l'Idéal les fait divaguer toutes. Vigne bohème, même en ces quartiers aisés. La vie est là ; le pur flacon des vives gouttes Sera, comme il convient, d'eau propre baptisé.

Aussi, bientôt, se joueront-elles De plos exactes ritournelles.

« — Seul oreiller !

Mur familier !

« Tu t'en vas et tu uous laiss s, Tu nous lai>s's et tu t'en vas, Que ne suis-je morte à la messe !

0 mois, ô linges, ô repa-

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