AVIS IX
3° Une suite de notes et de fragments se rapportant à des œuvres projetées, dont quelquesuns sont inédits et quelques-uns ont paru dans les Entretiens politiques et littéraires et la Revue anarchiste.
Au petit bonheur de la fatalité.
Much ado about Nothing.
Shakespeare.
A PACL BOURGET
En deuil d'un Moi-le-Magnifique
Lançant de front les cent pur-sang
De ses vingt ans tout hennissants.
Je vague, à jamais Innovent.
Par /es blancs paves ésoté riqu.es De l'Armide Métaphysique.
Un brave bouddhiste en sa châsse.
Albe, oxydé, sans but. pervers.
Qui. du chalumeau de ses nerfs.
Se souffle gravement des vers.
En astres riches, dont la trace Ne trouble le Temps ni l'Espace.
tout. A mon temple d'ascète Votre Nom de Lac est piqué :
Puissent mes feuilleteurs du quai, En rentrant, se /-'intoxiquer De vos aveux, 6 pur poète!
C'est la grâce que f me souhaite.
PRELUDES AUTOBIOGRAPHIQUES
Soif d'infini martyre? Extase en théorèmes!
Que la création est belle, tout de même !
En voulant mettre un peu d'ordre dan? ce tiroir, Je me suis perdu par mes grands vingt ans. ce soir De Noël gras.
Ah ! dérisoire créature !
Fleuve à reflets, où les deuils d'Unique ne durent Pas plus que d'autres ! L'ai-je rêvé, ce Noël Où je brûlais de pleurs noirs un mouchoir réel. Parce que, débordant des chagrins de la Terre Et des frères Soleils, et ne pouvant me faire Aux monstruosités sans but et sans témoin Du cher Tout, et bien las de me meurtrir les poings Aux steppes du cobalt sourd, ivre-mort de doute. Je vivotais, altéré de Nihil de toutes Les citernes de mon Amour ?
Seul, pur, songeur, Me croyant hypertrophique ! comme un plongeur Aux mouvants bosquets des savanes sous-marin J'avais roulé par les livres, bon misogyne.
Cathédrale anonyme ! en ce Paris, jardin
Obtus et chic, avec son bourgeois de Jourdain
A n \ - vitraux lardés, ses vieux dimanches
Dans les quartiers tannés où regardent des branches
Par-dessus les murs des pensionnats, et ses
Ciels trop poignants à qui l'Angélus fait : a—
s qui, du plus bon bébé de la Nature, Instaure un lexicon mal cousu de ratures.
Bon Breton né sous les Tropiques, chaque s J'allais le long d'un quai bien nommé mon revoir, Et buvant Les étoiles à mémo : « ô Mys1 Quel calme chez les a-- rain-train sur
Est-il Quelqu'un, vers quand, à travers L'infini « Clamer l'universel lamasabaAta « Voyons : les i ercles du Cercle, en effets et caus< s, « Dans leurs incessants métamorphos
- itent pourtant, abstrait, ou, ma foi, quelque part, I; ttreuncœur! an cœursimplc; ou veiller un Regard !
Oh ! qu'il n'y ait personne et que Tout continue I Alors géhenne à fous, sans raison, sans issue ! Et depuis les Toujours, et vers l'Éternité ! Comment donc quelque chose a-t-il jamais été! Que Tout se sache seul au moins, pour qu'il se tue Draguant les chantiers d'étoiles, qu'un Cri se rue. Mort ! emballant en ses linceuls aux clapotis Irrévocables, ces sols d'impôts abrutis ! Que l'Espace ait un bon haut-le-cœur et vomisse Le Temps nul. et ce Vin aux geysers de justice! Lyres des nerfs, tilles des Harpes d'Idéal Qui vibriez, aux soirs d'exil, saus songer à mal. Redevenez plasma ! Ni Témoin, ni spectacle ! Chut, ultime vibration de la Débâcle, Et que Jamais soit Tout, bien intrinsèquement. Très hermétiquement, primordialement ! »
Ah ! — Le long des calvaires de la Conscience, La Passion des mondes studieux t'encense, Aux Orgues des Résignations, Idéal, 0 Galathée aux pommiers de l'Eden-Xatal !
Martyres, croix de l'Art, formules, fugues douces. Babels d'or où le vent soigne de bonnes mousses : Mondes vivotant, vaguement étiquetés De livres, sous la céleste Éternullité :
Vanité, vanité, vous dis-je ! — Oh ! moi. j'existe,
- nt. maintenant, les nerfs de ce Psalmiste ? Minuit un quart: quels bords te voient passer, aux nuits Anonymes, ô Nébuleuse-Mère? Et pois, (Ju'il duit agoniser d'étoiles éprouvées, À cette heure où Christ nait, sans feu pour leurs cou
amant : ô mon Dieu ! tant que. ver? leur ciel mort, Une flèche de cathédrale pointe encor
• laires surplis ! — Ces T - - sont tues. Et la création fonctionne têtue !
. elle est Tout: et nulle autre, elle est Tout. Soif à truc- S - 'l'une nuit d'août? ions revannés, ô ma Terre !
Puis tes sœurs. Et nunc  Se taire.
Je veux parler au Temps! criais-je. Oh ! quelque encrais Anonyme ! Moi ! mon Sacré-Coair ! — .1 Qu'à ma mort, tout frémirait, du cèdre à Chysope; Temps, déraillant, tomberait en sync pour venir jeter sur mes Lèvres des fleurs, traqueraient leurs cho Qu'ud soir, du moins, mon Cri me jaillissant des moelles, nait. mon Dieu, des signaux dai
Puis, fou devant ce < i'-l qui toujours nous bouda, : la lin. nom d'un Bouddha !
Oh ! pâle mutilé, d'un : qui m'aime me suive ! Faisant de leurs cités une unique Ninive, Mener ces chers bourgeois, fouettés d'alléluias. Au Saint-Sépulcre maternel du Nirvana !
Maintenant, je m'en lave les mains concurrence Vitale, l'argent, l'art, puis les lois de la France...)
Vermis sum, pulvis es! où sont mes nerfs d'hier? Mes muscles de demain ? Et le terreau si fier De Mon âme, où donc était-il. il y a mille Siècles? et comme, incessamment, il file, file !... Anonyme! et pour Quoi? — Pardon, Quelconque Loi ! L'être est forme, Brahma seul est Tout-Un en soi. .
0 Robe aux cannelures à jamais doriques
Où grimpent les Passions des grappes cosmiques :
0 Robe de Maïa, ô Jupe de Maman,
Je baise vos ourlets tombals éperdument !
Je sais ! la vie outrecuidante est une trêve
D'un jour au Bon Repos qui pas plus ne s'achève
Qu'il n'a commencé. Moi, ma trêve, confiant,
Je la veux cuver au sein de L'Inconscient.
Dernière crise. Deux semaines errabundes. En tout, sans que mon Ange Gardien me réponde.
Dilemme à deux sentiers vers l'Eden des Elus': Me Laisser éponger mon Moi par l'Absolu ?
Ou Lion, élixirer l'Absolu en moi-même?
C'est passé. J'aime tout, aimant mieux que Tout m'aime.
Donc Je m'en vais flottant aux orgues sons-marins,
Parles coraux, les œufs, les bras verts, Les écrins,
Dans la tourbillonnante éternelle agonie
D'un Nirvana des Danaîdes du génie !
Lacs de syncopes esthétiques ! Tunnels d'or !
Pastel défunt 1 fondant sur une langue ! Mort
Mourante ivre-morte ! Et la conscience unique
Que c'est dans la Sainte Piscine èsotérique
D'un lucui à huis-clos, sans pape et sans laquais,
Que rouvre ainsi mes riches veines à Jamais.
En attendant la mort mortelle, sans mystère,
juoi l'usage veut qu'on nous cache sous terre.
Maintenant, tu n'as pas cru devoir rester coi : Eh bien, on cri humain ! s'il en reste un pour toi.