‹ Poésies complètesChapitre 45 sur 81 · DE MON SACRÉ-CŒUR · texte numérisé non relu

DE MON SACRÉ-CŒUR

Prométhée et Vautour, châtiment et blasphème* Mon Cœur, cancer sans cœur, se grignotte lui-même.

Mon Cœur est une urne où j'ai mis certains défunts, Oh ! chut, refrains de leurs berceaux ! et vous, parfums.

Mon Cœur est un lexique où cent littératures Se lardent sans répit de divines ratures.

Mon Cœur est un désert altéré, bien que soûl De ce vin revomi, l'universel dégoût.

Mon Cœur est un Néron, enfant gâté d'Asie, Qui d'empires de rêve en vain se rassasie.

Mon Cœur est un noyé vidé d'àme et d'essors, Qu'étreint la pieuvre Spleen en ses ventouses d'or.

C'est un l'eu d'artifice hélas : qu'avant la fête. A noyé sans retour l'averse qui s'embête.

Mon Cœur est le terrestre Histoire-Corbillard. Que traînent au néant l'instinct et le hasard.

lion Cœur est une horloge oubliée à demeure. Qui. me sachant défunt, s'obstine à sonner l'heure

Mon aimée était là. toute à me consoler ; Je l'ai trop fait souffrir, ea ne peut plus aller.

Mon Co.'ur. plongé au Styx de nos arts dan aide s, Présente à tout baiser une armure do vide.

Et toujours, mon Cœur, avant ainsi déclam .

En revient à -a complainte : Aimer, être aimé !

DES DÉBATS MÉLAÎiCOLIQDES ET LITTÉRAIRES

On peut encore aimer, mais confier toute son âme est un bonheur qu'on ne retrouvera plus.

Corinne or l'Italie.

Le long d'un ciel crépusculàtre,

Une cloche angéluse en paix L'air exilescent et marâtre Qui ne pardonnera jamais.

Paissant des débris de vaisselle.

Là-bas, au talus des remparts, Se profile une haridelle Convalescente ; il se fait tard.

Oui m'aima jamais ? Je m'entête Sur ce refrain bien impuissant,

Sans songer que je suis bien bête De me faire du mauvais sang.

Je possède un propre physique.

Un cœur d'enfant bien élevé.

Et pour un cerveau magnifique Le mien n"est pas mal. vous savez !

Eh bien, ayant pleuré l'Histoire.

J'ai voulu vivre un brin heureux :

C'était trop demander, faut croire :

J'avais l'air de parler hébreux.

Ah ! tiens, mon cœur, de grâce, laisse ! Lorsque j'y songe, en vérité.

J'en ai des sueurs de faiblesse, A choir dans la malpropreté.

Le cœur me piaffe de Lrénie Eperdument pourtant, mon Dieu!

Et si quelqu'une veut ma vie, Moi je ne demande pas mieux !

Eh va. pauvre âme véhémente !

Plonge, être, en leurs Jourdains blasés. Deux frictions de vie courante T'auront bien vite exor

les complaintes 137

Hélas, qui peut m'eu répondre !

Tenez, peut-être savez-vous Ce que c'est qu'une âme hypocondre ?

l'en suis une dans les prix doux.

0 Hélène, j'erre en ma chambre ; Et tandis que tu prends le thé, Là-bas, dans For d'un fier septembre, Je frissonne de tous mes membres, En m'inquiétant de ta santé.

Tandis que, d'un autre côté...

d'une convalescence en mai

Nous n'avons su toutes ces choses qu'après sa mort.

Vie de Pascal, par Mmc Perier.

Convalescent au lit, ancré de courbatures,

le me plains aux dessins bleus Je ma couverture.

La- de reconstituer dans l'art du jour baissant Cette «lame d'en face auscultant les passants :

Si la Mort, de son van, avait chose mon être, En serait-elle moins, ce soir, à sa fenêtre ?...

Oh ! mort, tout mort ! au plus jamais, au vrai d int Des nuits où piaule en longs regrets le chant-huant!

Et voilà que mon Ame est tout hallucinée ! Puis s'abat, sans avoir fixé sa destinée.

Ah ! que de soirs de mai pareils à celui-ci : Que la vie est égale ; et le cœur endurci !

Je me sens fou d'un tas de petites misères. Mais maintenant, je sais ce qu'il me reste à faire.

Qui m'a jamais rêvé? Je voudrais le savoir ! Elles vous sourient avec âme, et puis bonsoir,

Ni vu ni connu. Et les voilà qui rebrodent Le canevas ingrat de leur âme à la mode ;

Fraîches à tous, et puis reprenant leur air sec Pour les christs déclassés et autres gens suspects.

Et pourtant, le béni grand bol de lait de ferme Que me serait un baiser sur sa bouche ferme !

Je ne veux accuser personne, bien qu'on eût Pu, ce me semble, mon bon cœur étant connu...

N'est-ce pas; nous savons ce qu'il nous reste à faire, 0 Cœur d'or pétri d'aromates littéraires.

Et toi. cerveau confit dans l'alcool de L'Orgueil !

Et qu'il faut procéder d'abord par demi-deuils...

Primo : mes grandes angoisses métaphysiques Sont passées à l'état de chagrins domestiques ;

Deux ou trois spleens locaux. — Ah ! pitié, voyager Ou moins, pendant un an ou deux à l'étranger...

Plonger mon front dans l'eau des mers, aux matinées Torrides. m'en aller à petites journées,

Compter les clochers, puis m'asseoir. ayant très chaud. Aveuglé des maisons peintes au lait de chaux...

Dans les Indes du Rêve aux pacifiques Gan

Que j'en ai des comptoirs, des hamacs de rechange!

— Voici l'œuf à la coque et la lampe du soir. Convalescence bien folle, comme on peut voir.

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