SIMPLE AGONIE
0 paria ! — Et revoici les sympathies de mai. Mais tu ne peux que te répéter. 6 honte ! Et tu te gonfles et ne crèves jamais.
Et tu sais fort bien, ô paria, Que ce n'est pas du tout ea.
Oh ! que
Devinant l'instant le plus seul de la nature.
Ma mélodie, toute et unique, monte,
Dans le soir et redouble, et fasse tout ce qu'elle peut
Et dise la chose qu'est la chose,
Et retombe, et reprenne,
Et fasse de la peine,
O solo de sanglots,
Et reprenne et retombe
Selon la tâche qui lui incombe.
Oh ! que ma musique
Se crucifie,
Selon sa photographie
Accoudée et mélancolique !...
Il faut trouver d'autres thèmes, Plus mortels et plus suprêmes.
Oh ! bien, avec le monde tel quel, Je vais me faire un monde plus mortel !
ttes y seront à musique, Et tous les intérêts puérilement charnels,
0 fanfares dans les soirs,
1 sera barbare,
- spoir.
Enquête?, enqu
Seront Tunique fête !
Qui m'en défie ?
J'entasse sur mon lit, les journaux linge sale,
Dessins de mode, de phc - ies quelcoi
Tuute la capitale,
Matrice sociale.
Que nul n'intercède, Ce ne sera jamais assez, Il n'y a qu'un remède, C'est de tout casser.
0 fanfares dans les soirs !
Ce sera barbare,
Ce sera sans espoir.
Et nous aurons beau la piétiner à l'envi,
Nous ne serons jamais plus cruels que la vie,
Qr.i fait qu'il est des animaux injustement rosses,
Et des femmes à jamais laide?...
Que nul n'intercède,
Il faut tout casser.
Alléluia, Terre paria.
Ce sera sans espoir,
De l'aurore au soir,
Quand il n'y en aura plus il y en aura encore,
Du soir à l'aurore.
Alléluia, Terre paria !
Les hommes de l'art
Ont dit : « Vrai, c'est trop tard. »
Pas de raison,
Pour ne pas activer sa crevaison.
Aux armes, citoyens ! Il n'y a plus de RAISON :
Il prît froid Pau Ire automne.
S'étant attardé vers les peines des cors,
Sur la fin d'un beau jour.
Oh! ce fut pour vos cors, et ce fut pour l'automne.
Qu'il nous montra qu' « on meurt d'amour » î
On ne le verra plus aux fêtes nationales,
S'enfermer dans l'Histoire et tirer les verrous.
Il vint trop tut. il est reparti sans scandale ;
0 vous qui m'écoutez, rentrez chacun chez vous.
SnLO DE LUXE
Je fume, étalé face au ciel,
Sur l'impériale de la diligence,
Ma carcasse est cahotée, mon âme danse
Gomme un Ariel ;
Sans miel, sans iiel, ma belle àme danse,
0 routes, coteaux, ù fumées, 6 vallons,
Ma belle âme, ah ! récapitulons.
Nous nous aimions comme deux fous.
On s'est quitté sans en parler,
Un spleen me tenait exilé,
Et ce spleen me venait de tout. Bon.
Ses yeux disaient : « Comprenez-vous ?
« Pourquoi ne comprenez-vous pas ? »
iOU DERNIERS VERS
Mais nul n'a voulu faire le premier pas. Voulant trop tomber ensemble à genoux.
Comprenez -vous?
Où est-elle à cette heure !
Peut -être qu'elle pleure...
Où est-elle à cette heure ?
Oh ! du moins, soigne-toi je t'en conjure !
0 fraîcheur des bois le long de la route,
0 châle de mélancolie, toute âme est un peu aux écoutes,
Que ma vie
Fait envie !
Cette impériale de diligence tient de la magie.
Accumulons l'irréparable !
Renchérissons sur notre sort !
Les étoiles sont plus nombreuses que le sable
Des mers où d'autres ont vu se baigner son corps ;
Tout n'en va pas moins à la Mort.
Y a pas de port.
Des ans vont passer Là-d< - s,
endurcira chacun pour soi.
Et bien souvent et déjà je m'y vois. On se dira : « Si j'avais su... »
Mais mariés de même, ne se fùt-on pas dit : « Si j'avais su, si j'avais su !... »? Ah ! rendez-vous maudit !
Ah ! mon cœur sans issue !...
Je me suis mal conduit.
Maniaques de bonheur,
Donc, que ferons-nous? Moi de mon âme,
Elle de sa faillible jeunesse ?
0 vieillissante pécheresse,
Oh ! que de soirs je vais me rendre infâme
En ton honneur !
Ses yeux clignaient : « Comprenez-vous ? « Pourquoi ne comprenez-vous pas ? »
Mais nul n'a fait le premier pas Pour tomber ensemble à genoux. Ah!...
La Lune se lève,
0 route en grand rêve !...
On a dépassé les filatures, les scieries,
Plus que les bornes kilométriques,
De petits nuages d'un rose de confiserie,
. lant qu'un fin croissant Je lune se lève, 0 route de rêve, ô nulle musique...
Dans ces bois de pins où depuis Le commencement du monde Il fait toujours nuit, Que de chambres propres et profondes !
Oh ! pour un soir d'enlèvement !
Et je les peuple et je m'y vois.
Et c'est un beau couple d'amants, Qui gesticulent hors la loi.
Et je passe et les abandonne,
Et me recouche face au ciel,
La route tourne, je suis Ariel,
Nul ne m'attend, je ne vais chez personne,
Je n'ai que l'amitié des chambres d'hôtel.
La lune se lève,
O route en grand ré
O route sans terme.
Voici le relais.
Où l'on allume les lanternes,
Où l'on boit un verre de lait,
Et fouette postillon.
Dans le chant des grillons,
Sous les étoiles de juillet.
0 clair de Lune,.
Noce de feux de Bengale noyant mon infortune.
Les ombres des peupliers sur la route,...
Le gave qui s'écoute,..
Qui s'écoute chanter, ..
Dans ces inondations du fleuve du Léthé,...
0 Solo de lune,
Vous défiez ma plume.
Oh ! cette nuit sur la roule ;
G Étoiles, vous êtes à faire peur,
Vous y êtes toutes ! toutes !
0 fugacité de cette heure...
Oh ! qu'il y eût moyen
De m'en garder Pâme pour l'automne qui vient !
Voici qu'il fait très très-frais,
Oh ! si à la même heure,
Elle va de même le long des forêts,
Noyer son infortune
Dans les noces du clair de lune !.. .
iEUe aime tant errer tard !)
Elle aura oublié son foulard,
Elle va prendre mal, vu la beauté de l'heure !
Oh ! soigne-toi, je t'en conjure !
Oh ! je ne veux plus entendre cette toux L
Ah ! que ne suis-je tombé à tes genoux !
Ah ! que n'as-tu défailli à mes genoux !
J'eusse été le modèle des époux !
Comme le frou-frou de ta robe est le modèle des frou-fïou.