‹ Poésies complètesChapitre 78 sur 81 · PETITION · texte numérisé non relu

PETITION

Amour absolu, carrefour sans fontaine ;

Mais, à tous les bouts, d'étourdissantes fêtes foraines

Ou le poing sur la hanche :

Avec toutes, l'amour s'échange Simple et sans foi comme un bonjour.

0 bouquets d'oranger cuirassés de satin,

Elle s'éteint, elle s'éteint,

La divine Rosace

A voir vos noces de sexes livrés à la grosse,

Courir en valsant vers la fosse

Commune!... Pauvre race!

Pas d'absolu : des compromis ; Tout est pas plus, tout est permis.

Et cependant, ô des nuits, laissez-moi, Circés

Sombrement coiffées à la Titus,

Et Les yeux en grand deuil comme des pensées !

Et passez.

Béatifiques Vénus

Étalées et découvrant vos gencives comme un régal,

Et baillant des aisselles au soleil

Dans l'assourdissement des cigales !

Ou, droites, tenant sur fond violet le lotus

Des sacrilèges domestiques,

En faisant de l'index : moins!

Passez, passez, bien que les yeux vierges

Ne -oient que cadran- d'émail bleu,

Marquant telle heure que l'on veut.

Sauf à garder pour eux. pour Elle,

Leur heure immortelle.

Sans doute au premier mot.

On va baisser ces yeux.

Et peut-être choir en syncope,

On est si vierge à fleur de robe

Peut-être même à fleur de peau,

Hais leur destinée est bien interlope, au nom de Dieu

0 historiques esclaves !

Oh ! leur petite chambre !

Qu'on peut les en faire descendre

Vers d'autres étages,

Vers les plus frelatées des caves,

Vers les moins ange-gardien des ménages !

Et alors, le grand Suicide, à froid, Et leur Amen d'une voix sans Elle, Tout en vaquant aux petits soins secrets, Et puis leur éternel air distrait Leur grand air de dire : « De quoi ? « Ah ! de quoi, au fond, s'il vous plait ? »

Mon Dieu, que l'Idéal

La dépouillât de ce rôle d'ange !

Qu'elle adoptât l'Homme comme égal !

Oh, que ses yeux ne parlent plus d'Idéal,

Mais simplement d'humains échanges !

En frères et sœurs par le cœur,

Et fiancés parle passé,

Et puis unis par l'Infini !

Oh, simplement d'infinis échanges

A la fin de journées

A quatre bras moissonnées,

Quand les tambours, quand les trompettes,

11^ s'en vuiit sonnant la retraite.

Et qu'on prend le frais sur le pas des portes.

En vidant les pots de gi -

À la santé des années mortes

Oui n'ont pas laissé de regrets,

Au su de tout le canton

Que depuis toujours nous habitons,

Ton ton. ton taine, ton ton.

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