‹ Poésies complètes (volume 2)Chapitre 13 sur 76 · LE BAPTÊME · texte numérisé non relu

LE BAPTÊME

Alors, mon âme, redescends Purifiée, en ce bas monde; Et tu pourras, une seconde, Dans la paix des amours naissants, Aux doux rêves de l'enfant blonde Mêler tes rêves innocents.

LES GE\éMES

Le jour où j'ai senti germer en moi ce rêve, A l'écart j'ai planté la greffe d'un rosier. « Mon jeune espoir aura pour sœur la jeune sève, Me disais-je; et mes yeux pourront s'extasier De voir éclore un jour une rose pareille Au bonheur dont mon rêve un jour sera fleuri, A la fleur dont mon âme est la précoce abeille. » Les rayons adorés depuis n'ont plus souri A ce rêve émondé dans sa métamorphose.

Mais le rosier son frère a grandi sans péril, S'est paré d'émeraude éclatante, et la rose, Par le plus frais matin d'un radieux avril, A, splendide, au soleil entr'ouvert ses pétales. Ce qui germe en un cœur, Nature, comme en toi N'a point dans tes saisons d'éclosions fatales. Que ta fleur ironique obéisse à ta loi, Et, pareille aux bonheurs d'ici-bas, soit flétrie! Toute la vie en nous un long espoir porté, Dans la fertile mort, son unique patrie, Éclora largement pour l'immortalité!

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