‹ Poésies complètes (volume 2)Chapitre 12 sur 76 · PORTRAIT · texte numérisé non relu

PORTRAIT

O front calme! sourire éloquent! O douceur! Où chacun lit de loin la tendresse profonde D'une âme en paix avec le monde, Et d'un cœur dont l'amour a la vertu pour sœur!

(Imité de lord Byron.)

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Ce sinistre caprice à son horreur manquait. Pour que son ironie aujourd'hui soit complète. La faucheuse, qui vient d'ajuster sa toilette, Se cambre élégamment dans son linceul coquet.

Elle s'attarde, et rit au miroir qui reflète Le gril de sa poitrine où luit un blanc bouquet; Mais on sent que bientôt va craquer le parquet Sous le déhanchement sonore du squelette.

— Ton nouveau fiancé t'appelle, et se débat Contre la viel Allons, marche vers son grabat! Vante les lits profonds de ta paisible auberge !

Fais ton hideux métier! récite tes serments! Et, ton baiser donné, cours à d'autres amants, O toi qui sais mentir, courtisane encor vierge!

LE BAPTÊME 6j

LE eBc4TTÉ&fE

Par-dessus toits et cheminées, Monte, mon âme! et monte encor!

Par delà le banal décor De ces vapeurs disséminées, Envole-toi, prends ton essor Loin de nos mornes destinées!

Pars comme un trait; vole à travers

L'espace maintenant sans nue!

Laisse au fond d'une ombre inconnue

La lune cacher son revers;

Sans t'arrêter, va! continue!

Les cieux sans fin te sont ouverts !

Toujours plus haut, fends, ô mon âme!

L'éther obscur, subtil et froid; Vénus en bas roule et décroît; L'anneau de Saturne est en flamme; Franchis son vide et fuis tout droit, Toi qu'un secret désir affame.

Perce, rapide, le ciel noir D'Uranus, et poursuis ta course!

Comme les mailles d'une bourse La nuit s'entr'ouvre; et tu peux voir Les astres d'or de la grande Ourse De tous côtés sur toi pleuvoir.

Dans l'élan sublime emportée Dépasse Orion; plus avant Enfonce-toi ; frémis au vent De quelque étoile dilatée, Monstre lointain au cœur mouvant; Nage au sein de la mer lactée 1

Cherche un monde nouvel éclos, Un vaste univers que colore L'écharpe de sa longue aurore; Baigne-toi dans les roses flots De ses grands lacs vierges encore, Fille des siècles de sanglots!

Sur d'ineffables paysages

Plane, légère, et disparais;

Parcours les féeriques forêts

Que berce un souffle sans présages ;

Parfume-toi des encens frais

Qui flottent sous les premiers âges!

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