ADIEU
c4VIE U !
Toi, pour qui l'amour n'est qu'un jeu.
Sans remords, sans mélancolie, Fais ton métier de femme; adieu !
Toi qui sais oublier, oublie!
Je ne sens fermenter en moi Ni rancune, ni fiel, ni lie.
En tes yeux je n'avais pas foi, Et dans mon âme rien ne saigne.
Obéis à la vieille loi !
Redore et repeins ton enseigne,
Arrête les désirs épars,
Cherche un sot qui demain se plaigne.
Cœur léger, cœur vide, adieu! Pars!
C Hc4^S 0^
Le ciel est loin; les dieux sont sourds. Mais nos âmes sont immortelles!
La terre s'ouvre; où s'en vont-elles?
Souffrirons-nous encor, toujours?
L'amour est doux; l'amour s'émousse.
Un serment, combien dure-t-il?
Le cœur est faux, l'ennui subtil.
Sur la tombe en paix croît la mousse!
La vie est courte, et le jour, long.
Mais nos âmes, que cherchent-elles?
Ah! leurs douleurs sont immortelles!
Et rien n'y fait, trou noir, ni plomb !
SAISONS BROUILLÉES 7f
ScAISOC^S "BIDOUILLÉES
Quand naissent les fleurs au chant des oiseaux, Ton étrange voix gravement résonne, Et comme aux échos des forêts d'automne Un pressentiment court jusqu'en mes os.
Quand l'or des moissons mûrit sous la flamme, Ton lointain sourire à peine tracé Me pénètre ainsi qu'un brouillard glacé. L'hiver boréal envahit mon âme.
Quand saignent au soir les bois dépouillés, L'odeur de ta main laisse dans la mienne L'odeur des printemps d'une étoile ancienne, Et je sombre au fond d'espoirs oubliés.
Es-tu donc un monde au rebours du nôtre Changeant et mortel, où je vis aussi?
Soumis à lui seul, insensible ici, Si je meurs dans l'un, survivrai-je en l'autre?
y6 LES AMANTS
Je regarderai dans tes yeux ouverts Quand viendront le froid, la neige et la pluie. La perdrai-je encor, mon âme éblouie, Dans tes yeux brûlants comme les déserts ?