LE CHOC
Oh! le choc éternel! Deux éclairs, une cible; Deux veux, un cœur qui bat sans revanche à son tour Un rayon qui transperce, une plaie invisible; La femme a la beauté, le poète a l'amour!
\ETO U\ VE FÊTE
Le maître est l'Amour, l'heure est la maîtresse! Au rythme affolé du fifre et des cors, Au bal, un instant de soudaine ivresse, J'avais dans mes bras pressé ton beau corps.
J'avais respiré dans ta chevelure L'odeur qu'un amant porte à son chevet; Et ta joue en fleur gardait la brûlure Du feu que ma tempe aussi conservait.
La fête pour tous était bien finie; Et par les chemins tout illuminés Nous suivions les pas de la compagnie, Sans nous dire un mot, les yeux détournés.
Dans l'allée obscure enfin nous entrâmes. Oh ! Le ciel n'a pas de plus prompts éclairs! Un baiser subit, unissant nos âmes, Fondit comme un philtre au fond de nos chairs.