RETOUR DE FÊTE Q
Le maître est l'Amour, l'heure est la maîtresse Et toujours les bois, et toujours la nuit Sont les enchanteurs et l'enchanteresse Au muet conseil qu'en silence on suit.
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Dans mon chemin honteux qui marche, sœur fatale? — Presque une enfant, ma sœur, aussi morne que vous !
— Quelle nuit! Quel éclair 1 Qui t'a faite si pâle?
— Un dédain, un départ, l'enfer d'un cœur jaloux!
— Un peu d'orgueil suffit pour n'être pas jalouse!
— Un grand amour trompé fait qu'on aime toujours !
— Lâche, qui pense au traître avec des yeux d'épouse!
— Pire encore, qui craint les douleurs sans secours!
— Le mépris nous délivre, et l'oubli vient, qui venge!
— Le souvenir enchaîne et grandit les regrets!
— ■ Change d'amour aussi, puisque ici-bas tout change!
— Ne plus aimer celui qui m'aima? J'en mourrais!
— Sois la haine ! Tout homme est vil et vain d'une ombre !
— Si la bouche mentait, son baiser m'enivra!
— L'infamie ou la mort, choisis! Tout rêve y sombre!
— Sur l'infâme tombeau mon rêve flottera!
— Tes larmes tariront, tu souriras encore!
— Oui, toujours, comme toi, vers le bourreau perdu!
— Ah! je te reconnais, fantôme que j'abhorre!
— Oui, je suis ta jeunesse, ô cœur noir! corps vendu!