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LE SfOVÈLE
Une femme de grande allure, Aux pas scandés comme un beau chant, Le feutre haut, la chevelure En lourds anneaux sur l'encolure, Hier au soir allait marchant.
Droit devant nous, comme un emblème
Inspirateur et dédaigneux,
Dans la lumière ou l'ombre blême,
Elle passait, vivant problème
De mouvements harmonieux.
Moulée aux flancs, moulée au buste Par le velours tendu sans plis, Et souple aussi comme un arbuste, On la sentait pourtant robuste Comme une strophe aux vers remplis.
LE MODÈLE IOf
Vierge, matrone, ou courtisane, D'autres ont pu voir en ses traits Ceux de Laïs ou de Suzanne, Ceux que le temps ride et basane Ou qui jamais n'auront d'attraits.
Moi, derrière elle, à l'aventure,
A mon insu j'allais hier,
En écoutant l'ode future
Chanter en moi dans la structure
D'un rythme plein comme un corps fier.
LES U^VcAGES
ouché sur le dos, dans le vert gazon, Je me baigne d'ombre et de quiétude, Mes yeux ont enfin perdu l'habitude Du spectacle humain qui clôt la prison Du vieil horizon.
Là-bas, sur mon front passent les nuages. Qu'ils sont beaux, mon âme ! et qu'ils sont légers, Ces lointains amis des calmes bergers ! S'en vont-ils portant de divins messages, Ces blancs messagers ?
Comme ils glissent vite ! — Et je pense aux femmes Dont la vague image en nous flotte et fuit. — Le vent amoureux qui de près les suit Disperse ou confond leurs fluides trames; On dirait des âmes !