SU\ LES COTES
Vous aimez, dites-vous, la mer, la grande image D'une âme jamais lasse en ses luttes sans fin ; Sur la rude falaise ou sur le sable fin Regardez-la frapper de rivage en rivage !
Sous les souffles puissants du large, regardez S'enfler la mer immense ainsi qu'une âme fière, Et s'avancer vers vous la houle coutumière Qui submerge les rocs dont les ports sont bordés !
Vous aimez, dites-vous, la mer, le flux des lames Déferlant sur la plage ou battant les caps durs, Tel que vers un cœur vide ou hérissé de murs Le flux d'une âme lourde où s'engouffrent des âmes !
Regardez! chaque flot se cabre en arrivant, Se brise, argenté au loin la grève aux vastes pentes, Et jusques à vos pieds meurt en nappes rampantes Dans les acres embruns dispersés par le vent.