‹ Poésies complètes (volume 2)Chapitre 59 sur 76 · ENCORE IÔ · texte numérisé non relu

ENCORE IÔ

E^CCO\E

Une femme a passé dans ta vie ! Un sourire, Un regard lumineux a suffi, n'est-ce pas? Que de destins pendus à ces frêles appâts ! C'est assez pour l'ivresse, et cela peut suffire Aussi pour le martyre !

Quelques mots bien connus qu'on échange à l'écart T'ont fait comme à l'amour croire à la perfidie ! Et la fin d'une idylle est une tragédie! Et tu crois au néant pour avoir eu ta part D'un bonheur quelque part!

Les aveux, les serments, les baisers, tout s'envole ! Pourquoi, dans un regret, vouloir les retenir? Dans un nouvel amour cherche leur souvenir ! C'est leur espoir qui fait l'éternelle auréole De l'éphémère idole!

Tes rêves reboiront le philtre empoisonneur Au sourire, aux regards, aux mots toujours les mêmes. C'est assez pour changer en chansons les blasphèmes ! Et pour avoir pressé le néant sur ton cœur. Tu croiras au bonheur!

LE POSSÉDÉ léf

LE TOSSÉVÈ

L'angoisse d'un remords, tu ne la connais pas, Un regret tendrement ne t'a jamais mordue, Et tu m'es pour toujours taciturne et perdue Sans qu'un seul souvenir ait chanté sur tes pas.

Je sais que le soleil s'éteindra dans l'espace Avant que se rallume un éclair sous ton front, Et je sais que les morts à la fois renaîtront Avant que ton oubli pour un instant s'efface.

Mais je sais que ta bouche aux clartés de tes yeux M'a dit ces mots qui sont l'éternelle magie, Et que sur tous mes sens règne encor l'effigie, L'odeur ou la vertu de ton corps langoureux.

Ni le vin, ni l'amour, ni la mort usurpée, Rien ne saurait dissoudre un jour, ni l'apaiser. Le poison qui me fut le miel de ton baiser, Et mon âme en sera pour les astres trempée.

l66 LES AMANTS

Mais ce breuvage en moi distillera du moins

A jamais la douceur d'un philtre de jouvence,

Et d'ici je t'emporte et te souris d'avance

Dans ces brillants enfers que tu pris pour témoins !

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