LES GOUFFRES IJ
La nuit? Non ; sous la nuit le ciel est plein de phares ; La plus longue à coup sûr a son aurore enfin; Et l'affamé qui dort- peut oublier la faim ; Et le vaincu blessé peut rêver de fanfares!
Pour l'assassin aussi peut venir le sommeil; L'aube au moins chassera le spectre qui le hante; Sa blancheur rassérène une âme haletante; Et le remords lui-même est joveux au soleil!
Je cherche pour l'amour une sinistre image, Comme un gouffre sans fond ouvert traîtreusement, Où tout s'engloutira dans un effondrement, Dans l'irrémédiable et lourd et noir naufrage!
La mort? Non; son secret, nul n'en peut rien savoir:
Peut-être la splendeur des étoiles ouvertes,
Ou le néant épars dans les formes inertes;
Mais malgré tout, pour tous c'est le sublime espoir!
Sous le coup du hasard ou frappé sur un ordre, Après ton dernier râle, en ramenant tes draps, Calme et transfiguré, frère, tu descendras Dans l'empire où l'amour n'a plus de cœurs à tordre!
G<ag^v
T'RJÉSO'RJ TE%VUS
^4 mon ami Gabriel cBellier.
Des tombeaux garderont de merveilleux bijoux Que seuls ont su tailler les premiers lapidaires. Il est des noms choisis, magiques entre tous, Que seules ont portés des reines légendaires.
Dans des jardins secrets montaient d'exquis parfums Que pour eux seuls créaient de puissants alchimistes. Entre les plus beaux airs on en sait quelques-uns Que seuls auront chantés de sublimes artistes.
Des nababs fabuleux dans d'inouïs cristaux Ont seuls bu certains vins, élixirs de prophètes. Pour l'enivrement seul des rois orientaux L'éclair divin a lui sur des formes parfaites.
Les mages seuls ont vu se mouvoir dans les cieux Des astres surprenants, au fond des nuits bibliques. Seuls ils ont mérité les surnoms glorieux, Les héros dont le monde a perdu les reliques.