‹ Poésies complètes (volume 2)Chapitre 66 sur 76 · A THÉOPHILE GAUTIER I · texte numérisé non relu

A THÉOPHILE GAUTIER I

Les olympes toujours ont nos désirs pour jeux! Mais tu fus le croyant qui voulait toujours croire A travers le bruit vain des peuples orageux !

Et c'est pourquoi d'en bas nous saluons ta gloire Et ton rêve vainqueur du doute meurtrier, Triomphal invité du temple de victoire!

Entres-y le front ceint du vivace laurier,

Toi qui, sachant n'aimer que la beauté parfaite,

Tout jeune sus la peindre en parfait ouvrier!

Après t' avoir pleuré les Muses te font fête,

Nostalgique amoureux des seuls nobles débris,

Doux comme un revenant, calme comme un prophète!

Prêtre tardif, gardien des cultes désappris, Tu détournas ton cœur des idoles grossières, Le gardant à l'idole impeccable pour prix.

Honneur à toi parmi les gloires devancières! Et plus haut par l'oubli des illustres d'un jour, Tu verras s'écrouler leurs autels de poussières.

Ils t'ont pris par la main, ceux-là qui tour à tour Au bout d'un burin d'or nous léguaient leur pensée, Fixant l'œuvre divine en son plus sûr contour.

Reçois de fils pieux la couronne tressée

Pour ceux qu'illuminait un éclair idéal

Dont leur âme en naissant fièrement fut blessée.

Siège, esprit lumineux, au trône sidéral 1 Lèvre attique parlant de suprême harmonie, Étanche enfin ta soif dans un nectar lustral!

La suprême beauté loin de nous est bannie, Mais nous la revoyons dans le miroir de l'Art, Depuis que le Rapsode erra dans l'Ionie.

Salut! Tu peux parler d'Hélène au grand vieillard

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