SILENCE
le silence lamentable Des bouches qui volaient l'une à l'autre jadis! Au tournoiement des mots par l'orgueil interdits, Sa main toucha ma main, dans l'ombre, sous la table. O le regard inévitable!
O le regard inévitable Qui détourna nos yeux autrefois aimentés! Pour les baisers perdus, pour les mortes clartés, Nos doigts se caressaient lentement sous la table.
O souvenir inoubliable !
O souvenir inoubliable Qui nous fermais la bouche et nous voilais les yeux! Souvenir! Souvenir! Appel impérieux!
Nos doigts s'entrelaçaient longuement sous la table.
O fierté vaine et misérable !
f2 LES AMANTS
O fierté vaine et misérable Qui sépares les cœurs plus que les abandons ! O mystère! ô tendresse! ô douceur des pardons Que nos mains échangeaient malgré nous sous la table.
Au fond d'un silence ineffable!