CHANT D'AHASVÉRUS
Son àme soutenait mon ànie; Mais la mort vint me rarracher.
A chaque siècle qui s'écoule Je vois changer l'humanité; Tout homme meurt, tout empire s'écroule ; Moi , ma vie est l'éternité !
« Oui , marche encor, poursuis ta course vagabonde
Jusqu'à la lin du monde ,
Blasphémateur du Christ!
Maudit et solitaire
Sur cette aride terre ,
Juif errant , sois proscrit ! »
Dieu, pour prolonger mon supplice, Semble rendre les jours plus lents, Et, sans désarmer sa justice, Je marche depuis deux mille ans.
Grâce ! c'est assez de souffrance ; Soulève enfin ton bras de fer , Ou brise-moi sous ta vengeance.
La mort! la mort ! et puis l'enfer!
« Non, marche encor, poursuis ta course vagabonde
Jusqu'à la fin du monde ,
Blasphémateur du Christ !
iMaudit et sohtaire
Sur cette aride terre,
Juif errant , sois proscrit ! »
Paris, 1836.
PEiNSEROSA