‹ Poésies complètesChapitre 130 sur 160 · MELODIE A DEUX VOIX · texte numérisé non relu

MELODIE A DEUX VOIX

LlIGCl.

Il est temps, ma Stella, ma belle, Quitte l'enceinte du couvent :

C'est moi, c'est ma Toix qui t'appelle; Je vais livrer la voile au vent.

STELLA

C'est toi, toi qu'implorait ma prière fervente. Dans cette nuit d'effroi.

Un pressentiment m'épouvante :

Viens-tu pour mourir avec moi ?

LOGGI.

Plus d'effroi, mon amie, To!]t est calme dans l'air :

Naples s'est endormie Au doux bruit de la mer.

Fuis la retraite soml)re Où tu passes le jour :

Le bonbeur aime l'ombre ; La nuit est à l'amour.

STELLA

Naples s'est endormie Au doux bruit de la mer :

IMais la lave ennemie

Obscurcit toujours l'air,

Et je la vois, dans l'ombre,

Se glisser alentour

De la demeure sombre

Où je passe le jour.

J'ai souillé la retraite

Des épouses de Dieu.

Regarde , sur ma tête ,

Cette gerbe de feu :

Le Vésuve s'allume

Comme un signe vengeur ;

De ses Ilots de bitume

La voix gronde. Oh ! j'ai peur !.

LLIGGI.

Qu'importe que la lave Bondisse jusqu'à nous !

Par cette nuit suave Mourir serait si doux. !

Le souffle pur des vagues Nous jette sa fraîcheur ; Que de voluptés vagues Sous les rameaux en fleur I Dans cette heure suprême, Que d'amour dans tes yeux I Qu'importe l'anathème Qui gronde dans les cieux I

STELLA

Le souffle pur des vagues Nous jette sa fraîcheur ; Que de voluptés vagues Sous les rameaux en fleur !

Mais l'étoile que j'aime S'obscurcit à mes yeux , Et je crains l'anathème Qui gronde dans les cieux !

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