A CELLE
QUI m'a soignée enfant.
Ma cbère dame, depuis votre déiiart je n'avais pu mettre le pied à Strvanue. Cepe.idant, celte année-ci j'ai fait les vers à soie, et j'ai été obligée d'aller cueillir la feuille à Servanne. Me trouvant un jour loate seule à curillir la feuille d'un mûrier de la cour, Ti$-à-vig la cuisine du château, une teodrcsse me surmonta ; ne pouvant retenir mes latmes, je pleurai sans pouvoir me consoler; je regardais de tout coté, je ne voyais ni maiire ni maîtresse; enfin, l'on voit aujuurd bui Servanne comme un désert.
Mourii'S, le -21 juin I8'tl.
ReI.NE l'iCARU.
Ces seuls mots de ta lettre, âme naïve et tendre, Sont toute une élégie, et mon cour sait l'entendre. Oh ! oui , tu dus pleurer en revoyant désert Ce château maternel , jadis toujours ouvert Aux humhles visiteurs, aux pauvres du village; Oh ! oui, tu dus pleurer en retrouvant l'image De ma mère adorée errant autour de toi , Caressant tes enfants, puis se penchant vers moi Et m'envoyant chercher l'offrande réservée A ta jeune famille. Ainsi qu'à la couvée Du passereau des champs Dieu veille avec amour, Elle veilla sur toi jusfpi'à son dernier jour.