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A MES ENFANTS

Je ne pense qu'à vous, je renais, et j'oublie

Que pour moi de la vie arrive le déclin.

A mes jours écoulés votre avenir se lie,

Et je retrouve en vous comme lui second destin.

Qu'il m'est doux d'épier avec sollicitude Le germe à peine éclos de vos jeunes penchants ! Chaque jour, pour mon cœur, quelle ineffable étude Que vos instincts heureux et vos désirs touchants !

Quel charme de guider votre âme vierge encore Dans les nobles sentiers que vous suivrez un jour , Aux luttes à venir de former votre aurore Par des récits naïfs et graves tour à tour !

Les exemples du bien intéressent l'enfance;

Suivez- les. Pratiquez la morale du Christ :

Plutôt qu'être offen.seurs, sachez subir l'offense.

Soyons bons : un grand cœur vaut mieux qu'un grand esprit.

Au matin de la vie , enfants , la gloire est belle : Elle attire, elle enchante, elle ennoblit parfois; Mais il ne faut jamais, quand sa voix nous appelle, Lui laisser dans nos cœurs étouffer d'autres voix .

Les voix de ces vertus plus belles que la gloire ; Le dévoûment, l'amour, le respect du malheur. C'est à ces purs instincts, enfants, qu'il vous faut croire; Ils rendent l'homme heuteux en le rendant meilleur.

Août I8i3.

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