‹ Poésies complètesChapitre 155 sur 160 · A UN AMI · texte numérisé non relu

A UN AMI

Vous m'avez dit : « Partez, le chagrin vous consume ; Allez de vos douleurs déposer l'amertume Au sein de la nature. Un splendide tableau, La mer ou les forets, retrempera votre âme. Pour nos maux , la nature est un puissant dictame. Partez!... »

Depuis trois jours j'erre à Fontainebleau;

Je pleure et me souviens... Hélas î sous ces bois sombres Les morts semblent mêler leur plainte au bruit des vents; Dans ce vaste palais peuplé de grandes ombres, Les morts parlent encor plus haut que les vivants.

Que de pages de deuil en déroulant ces fastes ! Haineuses passions, revers, sanglants conflits. Pour quelques jours d'orgueil , combien de jours néfastes ! Que de drames divers dans ces murs accomplis !

L'art, la beauté, l'amour, la volupté profane, Ici firent régner tous les plaisirs des sens; C'est ici que deux rois à la belle Diane * Ont offert tour à tour leur amoureux encens.

1 Diaae de l'oiiiers.

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