LA HAINE
A l'heure où, paraissant tremblante devant Dieu, Notre âme répandra dans un sincère aveu
Ses douleurs et ses fautes, Alors que le rayon de cet œil qui voit tout Comme un glaive levé courbera tout à coup
Les tètes les pins hautes !
Quand ce qui demeurait ici-bas inconnu S'éclairera soudain et sera mis à nu ,
Divine intelligence !
Mon cœur confessera ses erreurs devant toi , Amour, faiblesse, orgueil et luttes de la foi,
Sans craindre ta vengeance !
Car une voix me dit que le Seigneur est bo.i Pour ceux qui n'ont jamais refusé le pardon Et dans la lice humaine ,
LA HAIiNE. 3.19
Après de longs combats, sont tombés tous meurtris De basses trahisons , d'outrages , de mépris , Sans comprendre la haine î
La haine! oses-tu bien, aveugle humanité, Oubliant le néant et la fragilité
De toute créature.
Méditer lentement de nuire ou de punir, Quand tu n'as pas peut-être une heure d'avenir
Des jours que Dieu mesure!
Et n'est-il pas assez des misères du sort ; Les sentiments brisés, la souffrance, la mort,
Les maux irrévocables !
A ce faix douloureux qu'il nous faut tous porter, Nous-mêmes , insensés , devons-nous ajouter
En étant implacables !
Que l'homme, quand sur lui l'affront tombe brûlant, Emporté tout à coup par un sinistre élan.
Frappe qui le décbire ; Lorsque de déshonneur on cherche à le couvrir, Qu'il C(de aux passions dont il se sent mourir.
Mon Dieu, c'est du délire!
Mais couver dans son sein un sentiment haineux Et, vengeur patient, attirer dans ses nœuds
L'offenseur en victime ; Puis à son désespoir infliger froidement Injure pour injure et tourment pour tourment,
O mon Dieu , c'est un crime !
Rendre le mal souffert!... jamais. Seigneur, jamais! Et pourtant vous savez si de ceux que j'aimais
J'ai reçu des blessures!...
Vous savez qu'ici bas bien dure fut m a part Et que mon cœur encor saigne de toute part
Des plus lâches morsures !
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Eh bien ! je n'ai pour tous que douceur et pitié; Le pardon de mes maux a guéri la moilié;
Car, dans ma conscience, Je sens que, s'il faillit, Tliomme n'est radieté Que par le dévoùraent, l'amour, la charité....
C'est mon humble croyance!
F[N DE MKZZA VTTA-
Préface i
Préface du premier recueil 3
T. Tourments du Poète (Poème à une àmc en deuil). . 5