‹ Poésies complètesChapitre 28 sur 160 · ILLUSIONS · texte numérisé non relu

ILLUSIONS

Mon bonliL'ur cùl éli' d'c'lrc aimé aussi bien qui; (raimcr; car ou vent tro'.iver la > ie dans ce qu'on aime SArNT Aiglstix.

L'Iionimc entretient dans son sein un d^sir de l)0nhi!Ur qui ne se détruit ni ne se réalise; il y a dans nos cliamps une [liante dont la fleur se forme et ne s'épanouit jamais : c'est l'espérance. Cuatf vucniAM),

Souvent je m'élançais dans ces champs sans limite

Où l'homme croit trouver le réel qu'il imite,

Dans des songes heureuK qui, par l'espoir conçus,

Brillent sur nos beaus jours, puis s'éteignent tléçus;

J'avais édifié le monument fragile

D'un terrestre bonheur qu'on bâtit sur l'argile;

Que de félicité mon cœur s'était promis!

Mes désirs ont passé sous tes regards amis!

Déjà tu sais comment , dans mes jours , dans mes ^ eilles ,

De la création j'évoquais les merveilles,

Comment je parcourus, d'un avide regard,

Les ouvrages de Dieu, du génie et de l'art;

Mais mon Ame de feu qu'alimentait l'étude.

En grandissant toujours, comprit sa solitude;

La tristesse et la joie ont besoin d'un ami ,

Et dans l'isolement on ne sent qu'à demi.

Quand de tous mes désirs la coupe fut vidée,

Quand j'eus bien savouré l'existence en idée,

Quand j'eus vu l'univers, quand des hommes fameux

J'eus contemplé la gloire et triomphé comme eux.

JO I-LKURS DU MIDJ.

Quand il ne resta pas une image profonde

Qui n'eût frappé mon Ame errante dans le monde,

Pas un grand sentiment que je n'eusse éprou\é,

Pas un bien idéal que je n'eusse rêvé;

Alors, pour animer ces féeriques mensonges,

Je sentis qu'il manquait quel({ue eliose à mes songes :

C'était l'amour!,.. C'était l'ineffable lien.

Qui me fera trouver un cœur, écbo du mien,

Un cœur sublime et bon , qui m'entende et qui m'aime ;

Un être qui devienne une ombre de moi-même ,

Qui pense mes pensers, qui vive de mes jours;

Où tous mes sejiliments se reflèteiit toujours;

Que le monde n'ait pas llétri; qui sacbe croire

Aux. nobles passions, au génie, à la gloire,

A toutes» les vertus ; et dont l'âme de feu

Se confonde à la mienne, et soit au même Dieu!

D'abord mon âme calme , à l'amour endormie ,

Aurait voulu trouver ce cour dans une amie

Qui, partageant mes goûts, mes plaisirs, mes douleurs,

Eût des cbants pour ma joie, et des pleurs pour mes pleurs.

Que de fois j'ai rêvé ces douces alliances

De deux vierges mêlant leurs cbastes consciences.

Et se montrant à nu leurs vo*u\ les plus secrets ,

Et leurs désirs naissants, si candides, si frais!

Mais dans mon seiri bientôt la pensée agrandie

Fit aux tièdes cbaleurs succéder l'incendie :

Quand le besoin d'aimer en moi se révéla,

En cbercbant l'amitié, je sentis au delà :

Les tableaux enivrants, les toucbantes peintures,

Piécits passionnés, magiques impostures,

Qu'un poète inspiré déroulait devant moi.

Éveillaient mon désir, ma douleur, mon effroi.

S'il avait pour mon âme une âme dans son livre ,

Alors je m'enivrais d'amour, comme on s'enivre

A quinze ans, quand le cœur n'a pas encor saigné,

Et que par l'espérance on marcbe accompagné.

Ob ! qui saura jamais les amours idéales

Qui venaient me bercer dans mes nuits virginales!

Cliaque nom jaillissant, de gloire couronné ,

Cbaque raalbeur pompeux, adroitement orné,

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