‹ Poésies complètesChapitre 46 sur 160 · UNE AMIE · texte numérisé non relu

UNE AMIE

SONNET

Si vous l'aviez connue à sa quinzième année , Elle était belle alors , belle à vous rendre fou ! En voyant les attraits dont elle était ornée , Vous auriez devant elle incliné le genou !

Pour caresser sa main frêle , blanche et veinée , Poète , vous eussiez été je ne sais où ; Et votre part du ciel , oh ! vous l'auriez donnée Pour un baiser d'amour posé sur son beau cou !

Mais, avec la douleur, toute beauté se fane; Elle a souffert long-temps, et le regard profane Ne voit plus sur ses traits de magiques trésors :

Ses yeux se sont ternis et son front n'est plus rose. Eh bien! moi, j'applaudis à sa métamorphose. Car son àme a gagné ce qu'a perdu son corps.

L'IMPRUDE.NCE. 83

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