‹ Poésies complètesChapitre 60 sur 160 · LA PROMENADE · texte numérisé non relu

LA PROMENADE

oh ! ne me conduis plus dans ces fêtes frivoles

Où les rêves du cour ne sauraient se fixer,

Où de la vanité les brillantes idoles

Oljtiennent des succès si prompts a s'effacer.

Dis-moi, pourquoi veu\-tu qu'à ce monde j'éfale

Les rêves de bonheur que je forme en secret,

Désirs mystérieux d'une âme virginale

Que de son souffle impur soudain il flétrirait?

Je sais lui dérober les sentiments qu'il raille;

Et légère et folâtre au milieu des plaisirs ,

Quand de gloire et d'amour mon cœur ému tressaille ,

Je feins, pour l'abuser, de frivoles désirs :

Et lui, ne levant pas le voile qui me cache,

A mon air dédaigneux, à mes regards railleurs,

N'a jamais soupçonné l'âme ardente et sans tache

Qui pleure et sympathise à toutes les douleurs.

INIais qu'au sein de ce monde un cri sincère échappe.

Qu'un cour triste et souffrant ajipelle un cœur ami!

Comme l'écho répond à l'accent qui le frappe,

Mon âme entend la voix qui près d'elle a gémi :

Ainsi je t'ai compris; et, me sentant aimée.

J'ai fui ces faux plaisirs pour n'être plus qu'à toi;

La solitude plaît à mon âme charmée.

Et le monde aujourd'hui n'est qu'un désert pour moi.

Le voile de la nuit dans les cieux se déploie;

Viens ! fuyons ces clameurs dont les airs sont frappés ;

Le co'ur n'éprouve ici qu'une factice joie :

Viens ! allons nous asseoir sur ces rocs escarpés ;

Je guiderai tes pas. Vois-tu ces champs superbes

Oii la vigne a formé de verdovaiits sillons?

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