LA PROMENADE
oh ! ne me conduis plus dans ces fêtes frivoles
Où les rêves du cour ne sauraient se fixer,
Où de la vanité les brillantes idoles
Oljtiennent des succès si prompts a s'effacer.
Dis-moi, pourquoi veu\-tu qu'à ce monde j'éfale
Les rêves de bonheur que je forme en secret,
Désirs mystérieux d'une âme virginale
Que de son souffle impur soudain il flétrirait?
Je sais lui dérober les sentiments qu'il raille;
Et légère et folâtre au milieu des plaisirs ,
Quand de gloire et d'amour mon cœur ému tressaille ,
Je feins, pour l'abuser, de frivoles désirs :
Et lui, ne levant pas le voile qui me cache,
A mon air dédaigneux, à mes regards railleurs,
N'a jamais soupçonné l'âme ardente et sans tache
Qui pleure et sympathise à toutes les douleurs.
INIais qu'au sein de ce monde un cri sincère échappe.
Qu'un cour triste et souffrant ajipelle un cœur ami!
Comme l'écho répond à l'accent qui le frappe,
Mon âme entend la voix qui près d'elle a gémi :
Ainsi je t'ai compris; et, me sentant aimée.
J'ai fui ces faux plaisirs pour n'être plus qu'à toi;
La solitude plaît à mon âme charmée.
Et le monde aujourd'hui n'est qu'un désert pour moi.
Le voile de la nuit dans les cieux se déploie;
Viens ! fuyons ces clameurs dont les airs sont frappés ;
Le co'ur n'éprouve ici qu'une factice joie :
Viens ! allons nous asseoir sur ces rocs escarpés ;
Je guiderai tes pas. Vois-tu ces champs superbes
Oii la vigne a formé de verdovaiits sillons?