L HYMEN
Ne rêves-tu jamais à ces heures d'extase Qui précèdent l'hymen de deux jeunes époux , Quand l'amour, de leur cœur, comme l'onde d'un vase. Déborde en sentiments mystérieux et doux?
Dis, n'est-ce rien pour toi qu'une vierge qui pleure En recevant l'aveu d un amour désiré ; Qu'un front pur qui rougit si ta lèvre l'eflleure; Qu'un céleste regard vers toi seul attiré.^
N'est-ce rien , quand tu lis dans sa chaste pensée D'y découvrir, empreinte en sentiments de feu , Cette foi que le monde encor n'a pas glacée, Et qui croit au bonheur comme elle croit à Dieu?
Les pudiques secrets de son âme candide De leur voile à tes yeux sont alors déi;ouillés; De ses jours sans amour elle te peint le vide. Puis ses désirs naissants par toi seul éveillés.
Après ces doux accents viennent de longs silences j Sa tête sur ton sein semble s'abandonner; Mais soudain elle fuit; vers elle tu t'élances, Et tu prends un baiser qu'elle n'osait donner.
A ce larcin d'amour un jeu naïf succède;
Ce sont ses longs cheveux que tu veux détacher;
Elle retient ta main ; tu souris , elle cède ,
Et sous leur blond tissu ton front va se cacher.
Ce sont sur tes yeux noirs ses petites mains blanches , Dont folâtre et rieuse elle aime à te couvrir ; C'est, lorsque sans parler vers elle tu te penches, Un maintien languissant à te faire mourir!
Puis l'air manque à son sein dévoré par la fièvre : Elle échappe à tes bras ; tu la suis dans les champs ; Et cette volupté dont sa pudeur te sèvre, ïu la trouves encor dans ses regards touchants.
Elle revient à toi plus douce, plus aimante. S'accuse d'avoir fui, met sa main dans ta main. Courbe sur ton épaule une tète charmante. Et vous marchez tous deux sans suivre de chemin....
Quand tu la vois si belle à ton bras suspendue Répondre aux mots d'amour qu'en tremblant tu lui dis, Alors qu'est l'univers pour ton âme éperdue. Et la gloire et l'éclat qui t'enivraient jadis?
La terre disparaît , mais le ciel se révèle ; A votre immense amour il faut l'immensité; 11 faut à votre espoir une S[»hère nouvelle Où vous aimiez ainsi duî-ant léternité!
Le doute, qui luttait dans votre âme (irgueilleuse, Dans la félicité deviendrait un remords; La foi naît du Ijonheur : quand la vie est heurcus6| On voudrait l'assurer au delà de la mort.