LES ORPHELINS DE PALERME
Vers inspirés par un petit groupe de M. Pradier, représentant une^ jeune fille priant près de son frère endormi.
Le jour vient de tomber, jour brûlant de l'été , Qui laisse, en s'éteignant, un crépuscule rose Dont la lueur descend en reflet argenté Sur l'enfant chaste et nu qui mollement repose.
Insoucieux, il dort; pour lui le jour fut plein De doux, soins qu'il a pris pour les soins d'une mère. Il ne sait pas encor, pauvre enfant orphelin, Qu'il n'a plus qu'une sœur, dont la vie est amère;
Une sœur que la mort épargna comme lui , Quand le fléau changeait Palerme en cimetière, Ange sauvé par Dieu pour être son appui, Seul être survivant à sa famille entière.
Vierge de di\-sept ans, elle a déjà souffert De ces graves douleurs qui vieillissent la femme ; A l'amour maternel son cœur pur s'est ouvert Avant qu'un autre amour soit éclos dans son àme.
Jeune, sans joie au cœur, et belle sans orgueil, A son frère au berceau sa vie est enchaînée ; Pieuse, elle a juré, sur un double cercueil, De remplacer, pour lui , leur mère moissonnée.