LES ORPHELINS DE PALERME
Si, durant son repos, elle l'entend gémir, Elle verse un lait pur dans sa bouche vermeille, Murmure encor le chant qui vient de l'endormir, Et se penche vers lui jusqu'à ce qu'il sommeille.
Mais son œil s'est fermé ; son petit bras pendant Fait ployer le coussin de la chaise d'ébène, Où, mieux qu'en son berceau, la brise d'occident Rafraichira son corps de sa suave haleine,
La sceur reste à genoux près du frère qui dort ; Avant de regagner sa couche virginale, Sur leurs pauvres parents , endormis par la mort , Elle prie, et vers Dieu sa prière s'exhale.
Alors la Foi répand sa céleste douceur Sur les pensers de deuil que son âme renferme ; Et la Mère de Dieu sourit comme une saur A cette vierge-mère, orpheline à Palerme.
Puiis, 1838.