‹ Poésies complètes. PubliéesChapitre 13 sur 95 · XXVIII CHARLES DO^'ALLE · texte numérisé non relu

XXVIII CHARLES DO^'ALLE

berceau de chèvrefeuille et de vigne vierge, que rougissent les premiers frimas de l'automne, un petit jardin découpé par des allées qu'un sable fin décore et bordées d'un buis toujours vert, tel est le cadre simple et charmant dans lequel devait s'élever la famille (car des enfants étaient promptement nés de cette union) et grandir notre futur poète.

Mais tant de bonheur, tant de joie de vivre accumulés dans cet intérieur semblaient défier le destin, qui paraît dès lors l'avoir marqué pour de fatals événements.

Montreiiil- Bellay — Église et Hospi

^me Dovalle avait à prétendre, outre l'héritage de son grand-père, celui d'une tante, M'"^ Irma-Marie Lecompte, sœur de son père, mariée à M. Bricheteau, de Saumur, qui n'avait pas eu d'enfants.

Cette dame avait à son service, depuis l'âge de 15 ans, une fille fort jolie, originaire de Montreuil, Anne Robineau,* qui ne tarda pas à avoir pour amant un cousin de

XXX CHARLES DOVALLE

M"™® Bricheteau, lequel lui promit de l'épouser si elle parvenait à le faire hériter de sa maîtresse ; mais, pour réaliser ce criminel dessin, il ne fallait rien moins que faire disparaître son héritière présomptive, M"^^ Dovalle, et avec elle toute sa famille.

C'est à l'accomplissement de cet infernal projet que la cupidité mise en éveil de cette domestique et sa précoce perversité s'obstinèrent avec un esprit de suite, une fourberie et une férocité sans pitié. La sauvagerie instinctive et l'obscurcissement du sens moral, oblitéré par les honteux calculs d'une position à conquérir, peuvent seuls expliquer de tels forfaits que l'imagination a peine à concevoir.

La première victime de cet horrible drame fut le grand-père de M'"° Dovalle, qu'à cause de son grand âge l'on crut mort de vieillesse et qu'après la découverte du crime l'on soupçonna bien avoir été empoisonné par elle. Mais ce qui ne paraît pas douteux, c'est que la lente consomption dont périt M*"® Bricheteau fut le résultat de cette machiavélique tentative d'héritage et que, cinq ans durant, afin d'écarter toute suspicion, la belle Annette, comme on l'appelait à Saumur, versa goutte à goutte le poison (de l'arsenic qu'elle ne pouvait se procurer à haute dose, en ce temps-là), afin de la supprimer.

Maintenue dans la confiance de la famille par ses

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