‹ Poésies complètes. PubliéesChapitre 21 sur 95 · NOTICE BIOGRAPHIQUE XLIII · texte numérisé non relu

NOTICE BIOGRAPHIQUE XLIII

un petit nombre d'étudiants , était particulièrement renommé en ce qui concerne les chaires de législation de l'Ecole, qui avait produit autrefois des jurisconsultes remarquables comme Tiraqueau et le président Brisson. Les jours s'y succédaient donc dans une monotone tranquillité que les événements de la ville ne parvenaient guère à troubler.

Dovalle se montra sur ces bancs aussi laborieux qu'il l'avait été sur ceux du collège et ses succès n'y furent pas moindres ; il ne délaissa donc point, ainsi qu'on l'a dit, les Insti'tutes et le Digeste en faveur de la poésie ou pour courir les ruelles et l'alcôve, comme quelque gai compagnon des « franches repues » / mais, dans ses moments de loisir ou aux heures de solitude, il aimait à s'entretenir dans le culte du beau et l'admiration de la nature, soit qu'il leur demandât en poésie ses gracieuses inspirations, soit qu'il cherchât dans leur expression l'élévation de ses sentiments ou la fixation de ses souvenirs par la reproduction des monuments de l'homme ou des grands monuments de notre sol ', soit qu'enfin, accompagné de quelques camarades, il s'efforçât d'entrer, par la connaissance des fleurs et des plantes ^, en relations

* Il dessinait avec goût et facilité.

2 II est curieux de constater combien l'étude de la botanique a d'attrait pour les poètes, qui semblent vouloir par elle s'initier plus

XLIV CHARLES DOVALLE

plus intimes avec le monde végétal, qui présentait à son imagination contemplative son magnifique spectacle.

Aussi les promenades à travers champs étaient-elles sa distraction favorite ; amant passionné de la nature, s'arrêtant au gré de sa fantaisie et de ses caprices devant ses mouvants aspects, avec des ravissements d'enfant émerveillé : lac, étang, marais, cascade ou vieux donjon ; chasse dont la meute jette aux échos ses abois, ou convoi d'enfant qu'on enterre ; sylphe ou papillon qui voltige, bergeronnette qui sautille. Un soir de mai, un jour de mars qui brille, la campagne après une pluie d'orage, sont pour lui autant de motifs de petits tableaux délicieux, dont la touche délicate nous captive parce qu'ils sont vrais et reflètent les fraîches impressions d'une âme jeune, toute mouillée encore de rosée matinale, ou traduisent fidèlement, en leurs accents plaintifs, les naïves émotions d'un cœur tourmenté par le premier désir, V ennui, V insomnie, la volupté !

Et parmi ses promenades, il préférait celles que lui

familièrement à la vie de ces grandes voluptueuses qui flattent tous nos sens. M. André Theuriet est un de ces fervents disciples et Dovalle promettait comme une récompense, à sa jeune sœur Clara, en 1825, de lui donner « les lettres d un frère à sa sœur sur la botanique », afin qu'il puisse, dans leurs courses à la campagne, lui apprendre le nom des plantes qu'ils cueilleraient ensemble.

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