‹ Poésies complètes. PubliéesChapitre 55 sur 95 · CXVIII A CHARLES DOVALLE · texte numérisé non relu

CXVIII A CHARLES DOVALLE

Vive, gaie et pimpante, et frétillant sans trêve,

Dans les grands prés ombreux où dorment lesbœufs blancs,

Le long des gais ruisseaux et de la blonde grève

Et sur les nénuphars des paisibles étangs,

Tout le jour babillant sa douce chansonnette,

D'un pas leste et joli court la bergeronnette !

N'est-il pas de ta Muse une fidèle image, L'oiseau dont tu peignis les ébats gracieux ? Muse alerte et coquette, au charmant gazouillage, Qui traduisait ton rêve en vers mélodieux, Et, dans le frais matin que le soleil caresse, Chantait, belle d'amour, de joie et de jeunesse.

De la bergeronnette elle eut toute la grâce. Hélas ! comme elle aussi, la fragile beauté. Elle mourut soudain, comme l'oiseau trépasse, Qui n'a pu du chasseur fuir la brutalité : Il tombe, blessé, sur l'herbe qu'il ensanglante. Et, plaintif, chante encor d'une voix expirante !

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